
État général de la Marine et des Colonies, publié à Paris à l’Imprimerie royale en 1844. Édition originale. Les parties consacrées aux colonies occupent les pp. 199 à 224 : Martinique, pp. 199-203 ; Guadeloupe et dépendances, pp. 204-209 ; Guyane française, pp. 210-212 ; Bourbon, pp. 216-220 ; Établissements français de l’Océanie, pp. 223-224.
Somptueuse reliure de l’époque en plein maroquin cerise. Dos lisse orné de motifs typographiques romantiques dorés, roulettes dorées sur les coiffes, encadrement de doubles filets et d’entrelacs dorés avec fleurons d’angle sur les plats. Chiffre AO couronné doré poussé au centre des plats. Guirlande dorée en encadrement des contreplats, gardes et contreplats de soie moirée bleu azur, filets dorés sur les coupes, toutes tranches dorées. Trace d’un ex-libris anciennement enlevé sur un contreplat. Très bel exemplaire, parfaitement établi.
Exemplaire d’Antoine-Marie-Philippe d’Orléans, duc de Montpensier (1824-1890), dernier des cinq fils de Louis-Philippe, relié à son chiffre couronné. En 1844, le prince est encore un jeune capitaine d’artillerie ; il sert cette même année en Algérie, avant de devenir, par son mariage avec l’infante Louise-Fernande de Bourbon, infant d’Espagne.
Le volume paraît sous le ministère du baron de Mackau, à un moment où l’administration coloniale française est engagée dans une réforme du régime de l’esclavage. Le projet présenté en 1844 aboutira l’année suivante aux lois dites Mackau, destinées à modifier les conditions de l’esclavage dans les colonies françaises, trois ans avant l’abolition de 1848.
Ainsi relié pour un fils de Louis-Philippe, cet état officiel de la Marine et des Colonies prend une tout autre dimension. Instrument administratif destiné à recenser hommes, services et possessions maritimes, il devient ici un objet de cour, somptueusement habillé de maroquin, de moire et d’or pour l’un des princes de la monarchie de Juillet.