
Édition originale, premier tirage, réunissant l'ensemble des caractéristiques bibliographiques relevées par Cohen-de Ricci (n° 769-772) : un frontispice, trois planches de dédicace, quatre fleurons de titre, trente vignettes et un cul-de-lampe à la fin du dernier volume, ainsi que cent quarante figures hors texte, frontispice compris, numérotées de 2 à 140 et réparties 48, 33, 37 et 22 entre les quatre tomes. Les illustrations sont dessinées par Boucher, Eisen, Gravelot, Le Prince, Monnet et Moreau, et gravées notamment par Baquoy, Basan, Binet, Duclos et de Ghendt. Le frontispice, trois des quatre fleurons de titre et la majorité des vignettes sont dus à Pierre-Philippe Choffard, tandis que le quatrième fleuron et plusieurs vignettes reviennent à Charles Monnet. La traduction française de l'abbé Antoine Banier, accompagnée de ses explications historiques et d'une Vie d'Ovide, est imprimée en regard du texte latin. Figures sur fort papier vélin, texte sur beau papier vélin fin.
Exemplaire bien complet de l'avis au relieur placé à la fin du tome IV. Les titres portent les adresses de Delormel (tome I, 1767) et de Despilly (tome IV, 1771), combinaison caractéristique du premier tirage recherché, la date du quatrième volume constituant l'un des principaux critères d'identification de cet état.
Reliures de l'époque en plein maroquin rouge glacé, dos à cinq nerfs richement ornés de caissons et de fleurons dorés. Très bel état de conservation, ensemble particulièrement frais ; quelques rares piqûres et pâles rousseurs, quelques planches légèrement brunies. Au mors supérieur du tome III, une petite perforation et une micro-fente.
Ex-libris armorié de William Vincens Bouguereau, vraisemblablement petit-fils du peintre William Bouguereau par sa fille Henriette, et carte de visite jointe au nom du baron de Noirmont.
Cette édition des Métamorphoses est le fruit d'une entreprise collective réunissant autour du graveur Noël Le Mire et de l'éditeur-graveur Pierre-François Basan quelques-uns des meilleurs dessinateurs et graveurs parisiens de la fin du règne de Louis XV. Saluée par Cohen parmi les ouvrages « les plus galamment illustrés » du XVIIIᵉ siècle et considérée par Gordon N. Ray comme l'une des plus hautes expressions de l'illustration rococo française, elle prolonge, par la participation de Choffard, l'esprit de la célèbre édition des Contes de La Fontaine publiée par les Fermiers Généraux, dont il avait gravé les célèbres culs-de-lampe quelques années auparavant. Le texte est accompagné de la traduction de l'abbé Antoine Banier, membre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, dont les commentaires historiques prolongent sa lecture évhémériste de la mythologie antique, tandis que la Vie d'Ovide est due à l'abbé Claude-Pierre Goujet. L'exemplaire réunit en outre deux provenances distinctes, celle d'un probable descendant du peintre William Bouguereau et celle du baron de Noirmont, bibliophile et membre du Conseil d'État, illustrant deux importantes bibliothèques françaises des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
L’un des grands monuments du livre illustré français du XVIIIᵉ siècle, dans son premier tirage, conservé dans une élégante reliure en maroquin de l’époque, avec l’ex-libris armorié de William Vincens Bouguereau et une carte de visite du baron de Noirmont.