
Édition originale de ce recueil d’architecture publié à Paris en 1821 chez Bance aîné, réunissant soixante-douze planches numérotées gravées à l’eau-forte. Elles sont précédées de deux éléments liminaires distincts : une page de titre imprimée en typographie, qui porte le nom de l’auteur sous la graphie « Schuelt », et un titre entièrement gravé, orné d’une vignette signée Henry J. Picou, reprenant l’intitulé initial Recueil de divers motifs d’architecture sous la graphie « Seheult ». Cette coexistence reflète l’instabilité ancienne du patronyme, que des rectifications d’état civil vinrent progressivement fixer sous la forme Seheult.
Reliure de l’époque en demi basane bronze à petits coins de vélin, dos lisse refait orné de frises et de fleurons dorés, pièce de titre de basane vert olive, plats de papier marbré. Quelques frottements sur le dos. Quelques rousseurs ; claire mouillure en angle supérieur droit de la plupart des feuillets.
Le recueil rassemble des vues et relevés de paysages, villas, monuments, sarcophages, fontaines, jardins et éléments d’ornementation observés en Italie, notamment à Tivoli, Viterbe, Frascati et Rome, de la place Navone au Trastevere et aux abords du Capitole. Cette diversité correspond au projet annoncé par l’auteur lui-même, qui entend réunir maisons, fabriques, basiliques, portes, croisées, sarcophages, fontaines, décorations de jardins et fragments d’architecture.
L’ouvrage conserve les traces d’une longue genèse. Plusieurs planches portent des dates gravées de 1810, 1811 et 1812, tandis que leur circulation est documentée dès 1810-1811 ; l’ensemble ne reçoit qu’en 1821 son titre général et son discours préliminaire définitifs. L’édition en volume apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un projet mûri pendant plus d’une décennie à partir de dessins beaucoup plus anciens encore.
Ces dessins remontent au séjour italien effectué par François-Léonard Seheult entre 1791 et 1793. Formé à Paris à l’Académie royale d’architecture, dans l’entourage d’Antoine-François Peyre et d’Alexandre-Théodore Brongniart, Seheult entreprend alors, encore jeune architecte, un voyage d’étude au cours duquel il relève monuments antiques et modernes, maisons de ville et de campagne, jardins et fragments décoratifs. Une partie de ces dessins préparatoires est aujourd’hui conservée à Nantes, témoignant directement du passage du carnet de voyage au livre gravé.
Revenu s’établir à Nantes, Seheult y poursuit sa carrière jusqu’à sa mort en 1840. Les formes architecturales observées en Italie nourrissent durablement sa culture et participent plus largement à la circulation, dans l’Ouest de la France, de modèles italiens adaptés à l’architecture domestique et rurale du début du XIXe siècle. Son propre hôtel nantais, dit hôtel des Cariatides, construit dans les années 1820 et chargé de références aux maîtres antiques et modernes, prolonge cette culture artistique façonnée par l’expérience italienne.
Le recueil doit donc moins être envisagé comme une simple suite de vues pittoresques que comme un véritable répertoire de formes destiné à l’architecte. La présence de maisons, fabriques, fontaines, jardins, sarcophages et ornements en fait un instrument de comparaison et d’invention, dans lequel l’observation du bâti italien pouvait être transposée à de nouvelles pratiques architecturales françaises.
Bien davantage qu’un souvenir du voyage italien de Seheult, ce recueil constitue le répertoire de formes dans lequel l’architecte devait puiser après son retour à Nantes : maisons, jardins, fabriques et ornements observés entre 1791 et 1793 y deviennent les modèles d’une architecture nouvelle, où l’Italie vient renouveler le goût français au tournant du XIXe siècle.