
Edition originale de Verfall und Wiederaufbau der Kultur, le premier volet de la Kulturphilosophie d'Albert Schweitzer.
Reliure de l’éditeur à la Bradel en demi-toile crème, auteur et titre en long au dos, plats de papier bleu-vert, auteur et titre imprimés sur le premier plat. Reliure insolée et légèrement salie, quelques plis angulaires à certains feuillets. Un passage mis en exergue et accompagné de dessins au crayon.
Envoi autographe signé et daté d'Albert Schweitzer à Isidor Philipp sur la première page de garde : "A I. Philipp avec mes bonnes pensées Albert Schweitzer Sept 1923".
Cet ouvrage de l’érudit aux multiples vocations, à la fois philosophe, musicien, théologien, médecin et protecteur des animaux, constitue une réflexion sur l’autodestruction de la civilisation européenne. Ce sujet l’occupait depuis le tournant du siècle, et la Grande Guerre lui donna une actualité tragique. Selon Schweitzer, l’Europe a renoncé sans combat à la culture en abandonnant les idéaux éthiques hérités des Lumières, et le culte de la culture nationale compte parmi les symptômes les plus dévastateurs de ce déclin. Le deuxième volet de la Kulturphilosophie, Kultur und Ethik, paru la même année, développe la voie proposée par Schweitzer pour refonder la pensée européenne sur l’affirmation de la vie et l’exigence éthique, ce qu’il nomme le "respect de la vie".
Schweitzer élabora les deux premières parties de la Kulturphilosophie avant la fin du conflit, lors de son séjour à Lambaréné, au Gabon, mais elles ne parurent qu’en 1923. Sur les quatre parties prévues, trois seulement furent publiées, dont la troisième à titre posthume, reconstituée à partir des manuscrits et esquisses de l’auteur. Schweitzer offrit cette première partie à son ancien professeur de piano, Isidor Philipp, compositeur et auteur d’ouvrages sur la technique pianistique, auprès duquel il avait perfectionné son jeu après son arrivée à Paris, en 1898.
Importante étude du déclin de la civilisation européenne, dont la Grande Guerre fut, selon l’auteur, l’une des manifestations, offerte par Albert Schweitzer à un homme qui marqua ses premières années parisiennes.