
Troisième édition in-12, à la date de l'originale, selon McEachern publiée à Paris chez Duchesne, illustrée de 5 belles figures par Eisen, deux dans le premier tome et une placée en frontispice de chacun des autres tomes. Pages de titre en rouge et noir. Ainsi qu'il se doit, le premier tome ne contient pas de faux-titre, contrairement aux trois autres tomes. McEachern déduit du filigrane "Romanet" "fin", une publication réelle postérieure de 1774 ou postérieure. Le moulin du Caillaud de la papeterie Romanet est cependant actif depuis 1760 au moins et des éditions de 1762 portent ce filigrane. Nous laissons aux spécialistes le soin de trancher sur cette question.
Reliure en plein veau marbré d'époque. Dos lisse richement orné. Pièces de titre et de tomaison en maroquin fauve. Tranches cailloutées bleues. Un manque en tête du tome III, une courte galerie de vers en tête du tome I, traces de frottement. Au dernier feuillet du tome I, manque au coin en marge basse. Bel exemplaire.
Selon McEachern (Bibliography of the writings of J.J.Rousseau), une édition chez Néaulme a été imprimée avant l'originale in-8 publiée chez Duchesne, mais elle a été mis en vente après l'in-8. Après la signature du contrat avec la Maréchale de Luxembourg pour l'exploitation de l'Emile, Duchesne trouva un accord avec l'éditeur Jean Néaulme en novembre 1761 pour une édition hors de France ; il fit imprimer d'abord l'édition hollandaise (qui est donc une impression parisienne) avec Amsterdam en lieu d'édition puis il fit réimposer ces volumes au format in-8 avec en lieu La Haye. Notre édition serait une nouvelle impression de cette première in-12.
Ces éditions "officielles" ne doivent pas être confondue avec la contrefaçon parue à la date de 1762 et qui possède une collation différente. Cependant, il faut reconnaître que les impressions in-12 ne contiennent pas les mêmes fautes que l'impression in-8, et qu'en outre notre exemplaire possède quelques particularités citées par Rochebilière (Bibliographie des éditions originales d'auteurs français...) : dans l'in-8 p.10 du tome I, on a imprimé L'essenciel, et dans l'in-12 L'essentiel. On sait par contre que les épreuves corrigées par Rousseau lui-même le furent sur l'in-12. Il faut donc conjecturer que l'in-12 bénéficia des corrections de Rousseau mais pas l'in-8 qui fut directement imprimée sur l'in-12 mais sans les fautes corrigées.