Deuxième numéro de la revue Rivages, revue de culture méditerranéenne qui ne comptera que deux numéros publiés en décembre 1938 et février-mars 1939. Poèmes d'Eugenio Montale en langue originale accompagnés de leur traduction par Filippo Donini, poèmes de Jean Tardieu, extrait de De toutes mes forces de Claude de Fréminville, essai d'Emmanuel Roblès sur les Curanderos d'Andalousie.
Quelques infimes déchirures marginales, petit manque sans gravité sur le dos.
Contributions d’Albert Camus, Jules Supervielle, Emmanuel Roblès, Jean Tardieu, Gabriel Audisio, Federico Garcia Lorca, Antonio Machado, Eugenio Montale...
Rare exemplaire du deuxième numéro de cette éphémère revue créée par Camus avec Gabriel Audisio et Jacques Heurgon, qui sera interrompue par la censure.
Le jeune écrivain y publie pour la première fois"L'été à Alger", qui fera partie de Noces.
Lorsque Camus lance Rivages sous l’égide de son éditeur et ancien camarade Edmond Charlot, le jeune écrivain avait déjà terminé ses études supérieures, fondé le Théâtre du Travail puis celui de l’Équipe, milité pour le projet Blum-Viollette afin d’étendre le droit de vote en Algérie, contribué à l’Alger Républicain, et même dirigé la Maison de la culture d’Alger.
Avec cette nouvelle revue, il appelle au développement d’une littérature de la méditerranée dans la splendeur de son unité, mais surtout de ses contrastes : « C’est ce scintillement plein de vie que l’on retrouve dans des œuvres telles que L’Envers et l’Endroit ou Noces, et même dans certains passages de L’Étranger. » (Hélène Rufat, À travers et par la Méditerranée : regards sur Albert Camus). Rivages est imprimée – assez artisanalement – sur les presses de son ami Claude de Fréminville, également contributeur de la revue, qui venait de créer une imprimerie rue Barbès, à Alger. Camus fonde avec lui les éditions CA-FRE (Camus-Fréminville) et publiera Jean Hytier, Léo-Louis Barbès, Christian de Gastyne et Blanche Balain.
Ce second numéro de Rivages contient en édition pré-originale le célèbre essai camusien "L’été à Alger", dédié à Jacques Heurgon, qui paraîtra en volume dans Noces, également publié chez Charlot. Le troisième et dernier numéro de Rivages consacré à Garcia Lorca ne paraîtra jamais. Les morasses seront saisies et détruites par les autorités, qui exerçaient un contrôle des imprimés dès avant la déclaration de guerre. Après la définitive interruption de Rivages, Camus étendra son engagement méditerranéen à l’Europe tout entière victime des totalitarismes – en prenant la tête du journal Combat.
Rare exemplaire de ce numéro de revue contenant une des toutes premières productions littéraires de Camus.