
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers et comportant bien le bon achevé d'imprimer.
Surprenant exemplaire broché tel que paru ne comportant aucune mention sur la page de titre mais une fausse mention de « deuxième édition » en tête du second plat.
Légères déchirures recollées en tête et en pied du dos, petits manques comblés en tête et en pied du premier plat, papier jauni comme généralement. Les restaurations ont été effectuées par nos soins.
Lorsque L'Étranger paraît en mai 1942, l'édition française vit sous le régime du papier rationné : depuis décembre 1941, les éditeurs ne reçoivent plus qu'une fraction de leur consommation d'avant-guerre. Albert Camus est alors un inconnu en métropole. C'est Pascal Pia qui a fait parvenir son manuscrit à André Malraux, lequel en a soutenu la publication chez Gallimard. Faute de papier et de notoriété, Gallimard n'imprime aucun tirage de luxe. Les 4 400 exemplaires, tous achevés d'imprimer le 21 avril 1942, se répartissent ainsi : 400 exemplaires de service de presse, marqués « S.P. » en page de titre et sur le second plat ; 500 exemplaires sans aucune mention ; puis 3 500 exemplaires répartis en sept « éditions » fictives de 500 exemplaires chacune, portant en pied de la page de titre et en tête du second plat les mentions de deuxième à huitième édition. Faute de grands papiers, le service de presse et les exemplaires sans mention tiennent lieu de « tirage de tête » à cette œuvre mythique.
Notre exemplaire présente un état intermédiaire étonnant, sans doute accidentel : sa page de titre est vierge de toute mention, comme celles du premier tirage, mais sa couverture porte la mention « Deuxième édition ».
Une curiosité bibliographique que nous n'avions jamais rencontrée jusqu'à présent.
Accordons une mention spéciale à cet étrange Étranger tout à la fois double et unique.