22 juillet 2015
Qu'est-ce qu'une mention fictive ou "fausse mention" ?
Une fausse mention correspond à une stratégie commerciale des éditeurs français qui consistait à diviser le tirage de l'édition originale en plusieurs tranches fictives et à ajouter sur la couverture et/ou sur la page de titre une mention de deuxième, troisième, quatrième édition… tous les 500 exemplaires tirés par exemple.
Il existe deux sortes de fausse mention : la fausse mention d'édition et la fausse mention de mille. La fausse mention de mille indique un nombre de tirages, chaque mille représentant 400 ou 500 exemplaires (rarement 1 000). Une mention de mille peut donc être tout à fait justifiée, mais est alors limitée à quelques mille, alors que la fausse mention peut indiquer plusieurs centaines de mille.
La fausse mention d'édition est plus aisée à déterminer, puisqu'une véritable nouvelle édition portera en fin d'ouvrage un achevé d'imprimer différent. Dans le cas d'une fausse mention, l'achevé d'imprimer reste identique, mais les éditeurs pouvaient ainsi, dès qu'ils avaient vendu les premiers exemplaires, laisser croire que le succès était tel qu'ils avaient déjà réédité l'ouvrage en question. Ces fausses mentions étaient parfois complètement fantaisistes et l'on rencontre des éditions originales avec des mentions de 52e édition.
Cependant, il existe toujours un nombre d'exemplaires ne portant pas cette mention fantaisiste et qui, en l'absence de grands papiers, restent plus recherchés et valorisés que les exemplaires avec mention, fut-elle fictive. Un dernier point à noter : un certain nombre d'exemplaires sont généralement réservés à l'auteur pour qu'il puisse les offrir. La plupart du temps, il s'agit d'exemplaires de service de presse, marqués SP, mais les exemplaires avec mention servaient parfois également aux auteurs pour leurs envois.