Edition originale, un des 1400 exemplaires numérotés, seul tirage.
Superbe reliure d'éditeur à la Bradel en soie crème signée Engel en queue du dos, dos lisse orné de caractères japonais, premiers plats historiés en excellent état reproduisant les sansonnets sur le soleil couchant de Shinman de la collection d'Henri Cernuschi (aussi figurés pl. 26, vol. 1), coins légèrement frottés, volumes complets de leur jaquette illustrée présentant des déchirures et quelques manques.
Illustrée de 64 planches hors-texte sous serpente, la plupart en couleurs (13 eaux-fortes, 21 héliogravures, 2 gravures typographiées en noir et or, 10 chromolithographies et 18 aquarelles), la plupart signées de Gillot et Guérard.
Exceptionnel exemplaire de la première histoire de l'art japonais réalisée en Occident, habillé de sa superbe reliure d'éditeur en soie signée Jean Engel, en parfait état de conservation : "avec mille vingt-quatre illustrations en noir et en couleurs, n'est pas une grammaire ornementale classique. Il marque une nette rupture avec les modes de perception et de réception de l'art japonais en usage en France et en Occident depuis les années 1860" (François Gonse, "Une histoire de l’art japonais en 1883. L’œil de Louis Gonse", Histoire de l'art, N°40-41, 1998).
Louis Gonse, historien de l’art, commissaire d’exposition et directeur de la Gazette des beaux-arts s'est fait aider pour l'élaboration de L'Art japonais par le célèbre marchand d'art asiatique, Tadamasa Hayashi, arrivé à Paris comme interprète pour l’exposition universelle en 1878. Traduit en anglais en 1891 et en japonais en 1893, l'ouvrage a fait date. Ses illustrations reproduisent les œuvres d’artistes admirés par les japonisants français, comme Hokusai et Hiroshige que Louis Gonse présente comme "le plus grand paysagiste" japonais du dix-neuvième siècle. "Ses vues des environs de Yedo", juge-t-il, "nous font mieux connaître le pays que toutes les descriptions des voyageurs". La découverte de ce nouveau répertoire de formes aura une influence considérable sur les artistes de cette fin de siècle, tels Félix Régamey ou Henri Guérard, responsable d'une partie des gravures de cet ouvrage.