
Edition collective que Louis XV fit établir après le succès de Catilina, qui contient les 9 tragédies de Crébillon et ses discours académiques, sans le Triumvirat qui est ajouté sur quelques exemplaires. Il s'agit de la première édition collective des oeuvres du dramaturge, de surcroît publiée sous la supervision de l'auteur.
Deux tomes en un volume, reliés en veau marbré, dos à cinq nerfs orné de nombreux petits fers dorés floraux, triple filet doré en encadrement des plats, gardes et contreplats de papier marbré, dentelle dorée intérieure, tranches rouges. Discrètes restaurations aux mors, aux coins, et à la coiffe en pied ayant estompé les ors en pied.
Illustré d'un magistral frontispice par le grand peintre François Boucher qui signe aussi une vignette de titre reprise pour chaque volume, une vignette d'en-tête et une lettre ornée, l'ensemble gravé par Lebas.
Rare envoi autographe de Crébillon au verso du frontispice : "A Monsieur / a Monsieur de Fondferrière / par son très humble serviteur / Crébillon"
Il pourrait s'agir de Pierre-François Rolland de Fondferrière, fermier général, qui fut admis à cette fonction le 19 août 1751.
Crébillon semble avoir été nettement moins prolifique que son éternel rival Voltaire dans les envois de ses oeuvres accompagnés d'une dédicace manuscrite - on en recense seulement quatre autres envois passés en vente : à Monsieur de Fayolle (présenté par nos soins), au baron Hyde (Maggs, 1930, cat. n° 540) ; à Lord Albermarle (Sawyer, 1966, cat. n° 272) et au maréchal de Brancas (Christie's, 15 mai 2017).
Superbe exemplaire de présent, portant une dédicace manuscrite - fait peu fréquent chez les auteurs dramatiques du XVIIIe siècle - sur l'édition la plus prestigieuse et luxueuse des oeuvres de Crébillon:
"L'honneur d'être imprimé au Louvre, qui n'avait jamais été accordé à aucun de nos Poëtes, est la preuve de la grande réputation de M. de Crébillon, & y met le comble. Ce grand homme, à qui notre Théatre a dû une très-grande partie de sa gloire, & des beautés inconnues sur tous les Théatres du monde, voit couronner sa vieillesse par ce qui peut le plus flatter l'homme de génie, une très belle édition de ses ouvrages. La postérité, qui pensera comme nous sur M. de Crébillon, admirera après nous un Souverain qui apprécie les hommes en Philosophe, & les récompense en Prince." (Mercure de France, février 1751)
(Cohen, 89).
Provenance : "A. Naude Notaire à Aix", Antoine-François Aude (1799-1870), lmaire d'Aix-en-Provence, ex-libris encollé sur la première garde.