L'oeuvre au noir
Edition originale, un des 95 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers après 45 hollande.
Une légère trace de pliure verticale sur le premier plat.
Bel exemplaire.
Edition originale, un des 95 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers après 45 hollande.
Une légère trace de pliure verticale sur le premier plat.
Bel exemplaire.
Édition originale illustrée. Les vers de Faerno parurent pour la première fois en 1564, et la version de Perrault en 1699. Cette édition donne pour la première fois le texte original de Faerno suivi de la traduction de Perrault. Elle est illustrée d'un frontispice par Claude du Bosc représentant Esope au milieu d'animaux, et de 100 en-têtes (9 x 11 cm) non signées. Les feuillets préliminaires contiennent quelques poèmes du poète néo-latin et quelques lettres.
Reliure en plein maroquin aubergine fin XIXe signée Chatelin dans la frise. Dos à nerfs richement orné. Titre, date et lieu dorés. Encadrement central à la Du Seuil avec fleurons dans les écoinçons et 4 larges fleurons à l'intérieur du rectangle. Triple filet d'encadrement. Riche frise intérieure avec fleurs de lys. Tranches dorées. Étui de papier queue de paon rouge avec intérieur en feutrine bleue. Parfaite fraîcheur du papier.
Somptueux exemplaire richement établi dans une reliure de maître.
Superbe ouvrage de fables très proche par son illustration des livres d'emblèmes. Le livre est d'ailleurs catalogué comme tel dans plusieurs recueils d'emblèmes, ainsi que le souligne l'historien de l'art Mario Praz, bien qu'il n'en soit pas un à proprement parler.
Ex-libris gravé du XIXe A. Hornung.
édition originale, rare, de ces deux volumes parus à deux années d'intervalle et dont la suite ne verra jamais le jour. Un frontispice et un grand tableau dépliant généalogique.
Exemplaire aux armes de Louis XV frappées sur les plats, et au chiffre répété sur le dos, exemplaire de présent.
Reliures en plein veau brun marbré d'époque. Dos à nerfs orné du chiffre de Louis XV répété quatre fois avec des fleurs de lys angulaires. Pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge. Plats aux armes. Triple filet d'encadrement sur les plats. Coiffes restaurées. Plusieurs fentes le long du mors supérieur du tome I et du tome II. Coins et certains endroits des coupes restaurés. Manque le coin droit de la première page de garde. Trace de mouillure très pâle en marge et débordant sur le texte de la page 217 à la fin ; de la page viiij à xxxviij en marge ; idem sur les feuillets de garde de la fin du tome II. Malgré les défauts annoncés, rare exemplaire aux armes et au chiffre de Louis XV.
L'ouvrage contient une longue introduction qui précise le projet du Chevalier d'Arcq en tant qu'historien. Sa méthode critique d'examen des textes est scrupuleuse, il rejette ce qui n'est pas prouvé et se range en l'annonçant aux hypothèses les plus sûres. Cette méthode et son travail seront loués par Le Journal des scavants qui fit le compte-rendu du premier livre en 1756 puis du second en 1758, avec de nombreux éloges, notamment sur le style élégant de l'auteur et sur sa façon d'installer un récit aux vives couleurs à partir de faits abrupts. Au-delà de l'histoire et de la géographie, l'auteur cherche l'aspect essentiellement militaire et montre comment les guerres, entre victoires et défaites, ont façonné la géographie des peuples, et précipité la fin et la naissance de royaumes. Le tome I traite de la Grande et de la Petite Arménie (Cappadoce, etc.), le second des royaumes autour du Pont (Phrygie, Paphlagonie, Héraclée, Pergame...). Bien que l'ouvrage traite d'une rare histoire ancienne et que sa lecture soit passionnante, le livre ne rencontra pas le succès, et le projet éditorial ne fut pas mené à son terme.
Rare édition originale.
Reliures de l'époque en pleine basane blonde racinée. Dos lisses ornés de deux fers et deux caissons à la grotesque. Pièces de titre en maroquin rouge. Pièces de tomaison à la cire noire, mais très frottées et décolorées. Coiffes de tête et de queue très finement restaurées, ainsi que les mors en tête et queue et les coins. Estafilade sur un plat. Bel exemplaire bien frais.
« Dans sa cosmogonie, chaque chose, chaque être, végétal, animal ou humain, mérite le même respect. Car tous sont confrontés à la même loi d'airain : la solitude. » (Luc Desbenoit).
« Les photographies de Marc Trivier écrivent une tragédie de la lumière, celle-ci n'accueillant les êtres - hommes, arbres ou bêtes - qu'en les brûlant, avant disparition. » (Xavier-Gilles in Le Monde Libertaire).
« De trente-cinq ans de pratique photographique, d'obsessions, c'est peut-être ça qui reste : un mode d'enregistrement singulier de la brûlure de la lumière, décliné d'une image à l'autre, en une succession de propositions qui se ressemblent et pourtant chacune est aussi singulière que la fraction de temps auquel elle renvoie. » (Marc Trivier).
« La photographie ne dit qu'une chose : « C'était. » On ne fixe que ce qui a été. S'il y a une tragédie, elle est là. » (Marc Trivier)
« (...) au lieu d'être un portraitiste d'écrivains et d'artistes parmi tant d'autres, il se marginalise par son dispositif : sous prétexte de réglages, il fait attendre ses modèles, il les fait poser plusieurs minutes ce qui leur donne un air las. Il attend peut-être un comportement plus naturel. Et on se retrouve face à Francis Bacon en équilibre précaire, Samuel Beckett, Jean Dubuffet ou encore Michel Foucault plus ou moins tassés sur leur chaise. Des images intimes. » (Sylvie Rousselle-Tellier, « Une image de fatigue chez Marc Trivier », Marges 2004).
« Je lisais Genet ; pour moi Genet, c'était des lettres sur un livre. Et puis un jour j'ai vu son portrait, il y a eu comme une fracture. Comment était-il possible que ces signes soient aussi quelqu'un ? Faire un portrait, c'est ressouder le nom et le visage. » (Marc Trivier).
« Ce qui m'intéressait, ce n'était pas de photographier simplement un corps ou un visage, mais cette situation particulière qui est quelqu'un en train de faire la photo de quelqu'un d'autre. » (Marc Trivier).
Bien des choses semblent opposer Warhol et Trivier. Andy Warhol est l'artiste du multiple, dont l'art nait de la métamorphose de l'artificiel consumériste et se joue de la prolifération de l'identique. Marc Trivier, lui, est un adepte de la rareté, chacune de ses photographies est réduite à quelques rares tirages tous différents par le temps et les variations du développement réalisé par l'artiste. Andy Warhol connait l'importance de l'image qui finit même par remplacer la personne elle-même. Il sait que les hommes jouent des rôles et c'est ce jeu qu'il capture. Ses séries diverses sur Elvis Presley, Marylin Monroe, ou encore Mao, montrent ce passage au statut d'icône qui rend ces êtres humains immortels et qui détruit aussi par là leur humanité pour en faire des images. Les photographies de Trivier accentuent à l'inverse la présence d'un corps pesant et faible dont l'artiste ne peut se débarrasser et qui fait obstacle à sa sacralisation.
Fidèles à l'esprit de Warhol, les clichés photographiques que l'on connait de lui le présentent tantôt en star du rock, arborant son perfecto et ses lunettes de soleil à la manière de son protégé Lou Reed, tantôt en artiste excentrique, cheveux ébouriffés, ou simulant un match de boxe contre Basquiat.
Chacune de ses photographies est ainsi une savante mise en scène de son personnage, maitrisée à l'excès, image de son image, que le maître de l'icône moderne contrôle entièrement.
La photographie de Warhol par Marc Trivier présente une toute autre personne. Déséquilibré par une très légère contre-plongée, et projeté sur une toile noire placée derrière lui et qui découpe la scène en triptyque, le corps d'Andy Warhol semble s'extraire de ce fond obscur, tandis que ses jambes et ses lourdes bottes, légèrement surdimensionnées par la prise de vue, trônent inutiles au premier plan.
Surpris par la longue attente que Trivier impose à ses modèles, Andy Warhol fixe le spectateur avec étonnement, comme pris en flagrant délit de désœuvrement, impression accentuée par les doigts croisées de l'artiste.
Portrait unique d'un artiste qui voulait « être du plastique » et qui, sous l'œil de Trivier, révèle sa part d'intimité et la fragile humanité d'un corps sans artifice.