
Nouvelle édition complète des œuvres de Buffon, publiée à Paris par Eymery entre 1825 et 1828 dans l'ordonnancement établi par le comte de Lacépède et complétée par le volume de supplément paru en 1828. Bel exemplaire complet en 26 volumes reliés (13,5 × 21 cm ; longueur totale de la série : 103 cm), illustré de 245 planches : le portrait de Buffon gravé par Devéria en frontispice, 216 planches en couleurs coloriées à la main - dont certaines rehaussées d'or -, parmi lesquelles 91 consacrées aux mammifères et 126 aux oiseaux, 13 planches en noir ainsi que 4 cartes géographiques dépliantes. La plupart des planches en couleurs sont l'œuvre de Jean-Gabriel Prêtre, peintre attaché successivement à la ménagerie de l'impératrice Joséphine puis au Muséum national d'histoire naturelle.
Reliure de l'époque en plein veau glacé, dos à nerfs orné de fers à froid mosaïqués de points d'or, roulettes en tête et en queue, deux pièces de titre en veau blond ; grands médaillons à froid au centre des plats dans un encadrement également à froid. Dos présentant quelques traces de décoloration et de petits manques à huit coiffes supérieures (t. 1, 5, 9, 11, 23 et 24), déchirure au mors supérieur et à la coiffe inférieure du tome 26. Papier généralement frais, quelques rousseurs éparses ; planches en majorité très fraîches, quelques-unes brunies dans les tomes 3, 4, 5 et 10 ; déchirure à la page 63 du tome 11. Ex-libris armorié de la bibliothèque du comte Chevreau d'Antraigues.
Interrompue par la mort de Buffon en 1788, l'immense entreprise de l'Histoire naturelle trouva en Étienne de Lacépède son continuateur le plus légitime. Dès les dernières années de la vie du naturaliste, celui-ci fut appelé à poursuivre les parties demeurées inachevées. Il publia successivement les volumes consacrés aux quadrupèdes ovipares et aux serpents, puis ceux consacrés aux poissons et aux cétacés, avant d'entreprendre une nouvelle mise en ordre de l'ensemble de l'œuvre. Commencée sous sa direction, cette édition se poursuivit après sa disparition, survenue en octobre 1825, jusqu'à la publication du volume de supplément en 1828.
Son illustration doit beaucoup à Jean-Gabriel Prêtre, l'un des grands peintres animaliers de son temps. Formé à Genève puis attaché à la ménagerie de Joséphine à Malmaison avant de rejoindre le Muséum national d'histoire naturelle, il consacra une grande partie de sa carrière à représenter avec une remarquable précision les espèces nouvellement décrites ; plusieurs d'entre elles portent aujourd'hui encore son nom. L'exemplaire provient de la bibliothèque du comte Chevreau d'Antraigues, comme en témoigne son ex-libris armorié, provenance connue sur le marché du livre ancien où plusieurs volumes issus de cette même collection ont été recensés.
L'une des éditions les plus accomplies de l'Histoire naturelle, réunissant pour la première fois dans un ensemble homogène l'œuvre de Buffon telle que l'avait définitivement ordonnée Lacépède.