
Ce mémoire fait suite au discours prononcé par Mgr de Frayssinous le 4 janvier 1825 devant la Chambre des Pairs. Denis-Antoine-Luc de Frayssinous, évêque in partibus d'Hermopolis, était alors ministre des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique sous Charles X, fonction qu'il occupa de 1824 à 1827. Son projet de loi, déposé en ce début d'année 1825, allait aboutir quelques mois plus tard à la loi du 24 mai 1825, qui disposait qu'à l'avenir aucune congrégation religieuse de femmes ne pourrait être autorisée, et, une fois autorisée, ne pourrait former d'établissement que dans les formes et conditions prescrites par la loi ; les congrégations existant avant le 1er janvier 1825 étant autorisées par simple ordonnance royale, les nouvelles devant l'être par une loi.
L'intervention de Lamennais dans ce débat est d'autant plus notable que Frayssinous, chef de file du parti épiscopal gallican, s'opposait alors doctrinalement à l'abbé, tenant de l'ultramontanisme : les deux hommes incarnaient les partis rivaux qui divisaient l'Église de la Restauration. Lamennais choisit pourtant ici de soutenir le projet de loi sur le fond, en défendant l'utilité sociale des congrégations féminines, leur rôle hospitalier et charitable auprès des malades et des indigents, dans les colonnes du Mémorial catholique, périodique qu'il avait fondé et qui paraissait le 15 de chaque mois.