Collage original de Georges Hugnet, signé à l'encre blanche "G.H. 1961". Un feuillet encollé sur carton, présenté sous cadre de bois sans vitre. Une infime déchirure en marge sur 5 mm.
Un photo-collage irrévérencieux, fantaisiste par l'artiste et écrivain surréaliste Georges Hugnet. A travers la diversité de son œuvre, le collage constitue chez Hugnet une passion ancienne et durable, qui le place comme l’un des meneurs de l’innovation collagiste.
Les collages apparaissent tôt chez Hugnet, qui pratique dès sa tendre enfance un proto-surréalisme empirique en découpant des journaux et réarrangeant les gros titres, les articles et les images pour en faire son propre journal : « De cette façon, il crée des collages pleins de fantaisie et d'humour, ce qu'il continue à faire ultérieurement aussi bien dans ses pièces de théâtre que dans sa poésie et son travail cinématographique. Hugnet considère que le cadre rectangulaire d'un tableau est trop restreint. Grâce à l'allogamie de différentes disciplines, son travail connaît une grande diversité. C'est précisément cette richesse d'imagination qu'il a toujours défendue, en tant que dadaïste/surréaliste » (Nationale Bibliotheek, La Haye).
En 1932, après avoir fait la connaissance d'André Breton, il intègre le groupe surréaliste et y adhère jusqu'en 1939. Hugnet collabore alors à la revue Le Surréalisme au service de la Révolution et édite de nombreux livres illustrés par les membres du groupe. Aux grandes heures du mouvement, il s’approprie le collage, ce moyen d’expression emblématique du surréalisme, et signe avec Marcel Duchamp l’un des livres les plus importants de cette époque, La Septième face du dé, un recueil de 20 poèmes-découpages publiés en 1936 par Jeanne Bucher.
Hugnet demeure également connu pour son exégèse du collage, multipliant les articles sur les propres créations collagistes de Max Ernst et de Miro notamment, et inspira à Oscar Dominguez même une sorte de collage en relief, « Pérégrinations de Georges Hugnet ». Cette technique le suivra bien après son aventure au sein du mouvement surréaliste : cette œuvre datant de 1961 appartient à sa deuxième grande période de création de collages, marquée notamment par la publication de son livre éponyme 1961 illustré de quatre photomontages. L'ultime livre du poète surréaliste pastichera à travers plus de quatre-vingts collages photo un guide (rose) Michelin dans le même esprit de provocation avant-gardiste (Huit jours à Trébaumec, 1969).