
Première édition collective, en partie originale, des œuvres de Bernardin de Saint-Pierre, publiée à Paris chez Méquignon-Marvis en 1818, quatre ans après la mort de l’écrivain. Douze volumes in-8, imprimés par L.-T. Cellot.
L’illustration comprend un portrait de Bernardin en frontispice, dessiné par Girodet-Trioson et gravé par Frédéric Lignon, ainsi que 26 planches hors texte d’après Girodet, Desenne, Lafitte, Moreau le Jeune, Prud’hon, Vernet et Isabey ; elles comprennent notamment une carte dépliante de l’hémisphère atlantique et plusieurs planches de botanique. Comme souvent dans cette édition, les gravures ont été reliées dans un ordre assez libre, plusieurs suites portant leur propre numérotation ; l’ensemble est toutefois complet.
Reliures de l’époque à la bradel en demi-cuir de Russie rouge, dos lisses ornés de filets dorés, plats de papier imitant le cuir de Russie, gardes de papier vert. Exemplaire non rogné. Rousseurs éparses, quelques salissures sur certains plats. Bel ensemble, dans une reliure uniforme bien conservée.
En 1818, Bernardin de Saint-Pierre n’est déjà plus seulement l’auteur de Paul et Virginie : autour du roman qui a fait sa gloire viennent désormais se ranger les récits de voyage, les Études de la nature, les Harmonies, les textes politiques, les essais, les fragments et plusieurs écrits demeurés manuscrits. Aimé-Martin donne ainsi à lire en douze volumes une œuvre beaucoup plus vaste que celle qu’avait retenue le succès du roman.
Paul et Virginie demeure au cœur de l’ensemble. Aimé-Martin le reprend d’après « la belle édition in-4° publiée par l’auteur en 1806 », en réutilisant plusieurs compositions conçues pour les éditions illustrées de 1789 et 1806. Autour de ce texte déjà consacré viennent toutefois s’ajouter les Harmonies de la nature, parues à titre posthume en 1815, ainsi qu’un ensemble de manuscrits qu’Aimé-Martin fait entrer pour la première fois dans cette vaste édition collective.
En tête du dernier volume, Bernardin revient à l’une des rencontres décisives de sa vie : « Au mois de juin de 1772, un ami m’ayant proposé de me mener chez J.-J. Rousseau, il me conduisit dans une maison rue Plâtrière ». L’Essai sur J.-J. Rousseau ouvre ainsi un ensemble où se succèdent bientôt l’éducation, Socrate, le Jardin des plantes et plusieurs projets scientifiques ; à mesure que l’on avance, l’auteur de Paul et Virginie cède la place à une figure beaucoup plus large, moraliste, voyageur, observateur de la nature et homme de projets.
Ces douze volumes retirent ainsi Bernardin de Saint-Pierre de l’ombre de son propre chef-d’œuvre : autour de Paul et Virginie se déploient enfin les voyages, la nature, Rousseau, les manuscrits et les projets d’un écrivain que le XIXe siècle allait désormais lire dans toute son étendue.