
Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro reliés en un volume.
Reliure en demi chagrin brun moderne, plats de papier marbré jaune et noir, dos à cinq nerfs, auteur, titres et années dorés, un fleuron doré, contreplats de papier caillouté. Coins légèrement frottés, feuillets légèrement brunis, quelques rares piqûres et salissures, une déchirure sur la page de titre, une restauration moderne en marge supérieure des premiers feuillets.
Rares contrefaçons indiquées à la date de l'originale et chez le même éditeur.
Ces deux pièces les plus célébrées de Beaumarchais ont attisé les passions dès leur parution : critiquées par certains, elles connurent néanmoins un vif succès qui conduisit à la multiplication des éditions concurrentielles. L'édition originale du Barbier de Séville (Ruault, 1775) fut suivie, la même année, de trois autres du même éditeur et d'une contrefaçon neuchâteloise, tandis que celle du Mariage de Figaro (deux éditions Ruault, 1785) fut aussitôt contrefaite à Paris, Lyon, Stockholm, Gand et Dresde. Bien que nos éditions présentent certains traits caractéristiques des éditions originales - les bonnes années d'édition et l'achevé d'imprimer du Mariage de Figaro à la date du 28 février 1785, ainsi que le nom de l'éditeur Ruault -, la pagination, le fleuron de la page de titre et la typographie diffèrent. Elles présentent chacune une introduction dans laquelle Beaumarchais répond à ses critiques : dans Le Barbier de Séville, elle occupe les pages 3 à 23, et dans Le Mariage de Figaro, elle s'étend de la page iii à xlvii.
Le Barbier de Séville qui a été mis en scène pour la première fois le 23 février 1775, a déplu au public par sa longueur ; la réaction de l'auteur fut rapide - en quarante huit heures, il présenta une version abregée de la pièce, qui cette fois-ci convainquit les spectatateurs. Ce succès permit à Beaumarchais de continuer à développer l'histoire de la famille Almaviva et de produire deux autres volets formant ainsi une trilogie. Le Mariage de Figaro, la deuxième pièce de la trilogie qui cette fois-ci découvra davantage les vices de la noblesse, suscita l'indignation du roi-même : écrite encore en 1778 et lue par Beaumarchais dans les salons, elle fut censurée à la demande de Louis XVI, annulant sa première représentation prévue le 13 juin 1783. Obtenant l'appui des proches du roi, après six ans d'attente, Beaumarchais put mettre en scène la pièce le 27 avril 1784 à la Comédie-Française ; cette première représentation fut suivie de soixante-treize autres, uniquement au cours de la saison 1784-1785 - une réelle sensation dans le théâtre français.
Deux curiosités éditoriales qui ont échappé à Cordier et Tchemerzine, vraisemblablement imprimées à l'issue du succès des représentations théâtrales, peu de temps après les éditions originales.