
Première édition complète.
Elle est illustrée de deux frontispices, de vingt-quatre gravures hors-texte et d'une carte dépliante des voyages de Télémaque. Le portrait de Fénelon en frontispice du premier volume est signé Baillieul et Duflos ; le second frontispice, ainsi que les gravures hors texte, sont signés Bonnart fils et Giffart, tandis que la carte est dessinée par Rousset et gravée par Berey. Quelques vignettes d'en-tête, bandeaux et lettrines ornées.
Reliures en plein maroquin rouge signé Chambolle-Duru, plats richement ornés, dos à cinq nerfs dorés, caissons et fleurons dorés entre les nerfs, auteur, titre, tomaison, lieu et année dorés aux dos, contreplats en maroquin bleu de Prusse, encadrements dorés, gardes de papier peigné, tranches dorées, étui. Quelques rares rousseurs et salissures aux feuillets.
Note manuscrite signée et estampilles de Gustave Mouravit (1840-1920).
Longtemps comprise comme une critique du pouvoir de Louis XIV, l'œuvre était déjà pressentie comme une allégorie satirique du règne avant même sa parution imprimée, plusieurs copies manuscrites en ayant circulé dans l'entourage de la cour dès l'automne 1698. Cette lecture politique doit beaucoup au contexte de sa publication : Fénelon venait d'être condamné à Rome, le 12 mars 1699, au terme d'une longue controverse théologique avec Bossuet sur la question de l'amour de Dieu pur et désintéressé, et se trouvait alors en disgrâce et exilé à Cambrai. Une lecture plus neutre pourrait plutôt y voir un classique des récits pédagogiques : conçu à l'origine pour l'éducation du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV dont Fénelon était le précepteur, Télémaque y transmet, à travers le voyage du fils d'Ulysse inspiré de l'Odyssée, un art de gouverner et un message de portée universelle.
Victime d'un succès incontrôlable, l'ouvrage fut d'abord imprimé sans l'accord de l'auteur en 1699 ; les exemplaires furent retirés de la vente et le privilège accordé à l'éditeur révoqué, sans que cela n'empêche la diffusion rapide du texte. Très demandé, l'ouvrage fit l'objet de plusieurs contrefaçons, notamment de la part de l'éditeur hollandais Adrian Moetjens, avant de paraître officiellement en 1717 par les soins du marquis de Fénelon, petit-neveu de l'auteur. Établie d'après le manuscrit original retrouvé après la mort de Fénelon, cette édition richement illustrée propose un texte corrigé et complété.
Première édition conforme au manuscrit de Fénelon, ici richement reliée en maroquin rouge.