
Troisième édition de la traduction française de Benjamin Laroche.
Reliures de l’époque en demi-veau glacé blond, plats de papier moucheté, dos à quatre nerfs ornés de filets dorés et de filets estampés à froid, pièces de titre et de tomaison de veau fauve, contreplats de papier marbré, tranches mouchetées. Quelques frottements aux reliures, légères épidermures, rousseurs, un manque de papier sans atteinte au texte à la page 503 du premier volume.
Cachet de l’avoué Bourdery, à Aubusson, sur le faux-titre de chaque volume. Ce possesseur peut, selon toute vraisemblance, être rapproché du juge Bourdery, magistrat du tribunal d’Aubusson dont l’assassinat, en 1886, compte parmi les affaires criminelles marquantes du Limousin.
L'ancien possesseur de cette agréable collection d'oeuvres complètes de Shakespeare (désigné ici comme Shakspeare, l'orthographe de son nom n'étant pas encore fixée au XIXe siècle), Bourdery, était avoué et juge à Aubusson qui connut un destin tragique. Le 14 juillet 1886, il fut assassiné par un certain Jacques Christophe, délinquant qui avait reçu la veille seulement une nouvelle assignation à comparaître devant le tribunal correctionnel de la ville. Cette assignation fut motivée par des dénonciations calomnieuses qu’il aurait portées contre plusieurs membres du tribunal d’Aubusson, notamment contre le juge Bourdery. Posté à sa fenêtre, son fusil chargé, Christophe guetta le passage du magistrat et l’abattit d’un seul coup de feu, alors que Bourdery revenait de l’hospice où il venait de distribuer des friandises aux orphelins en ce jour de fête nationale. Bourdery avait pourtant lui-même contribué à cette fin tragique : malgré ses nombreux délits, Jacques Christophe se trouvait toujours en liberté, en raison notamment de la grande indulgence du juge.
Collection des œuvres complètes de Shakespeare en six volumes, dans d’agréables reliures de l’époque en demi-veau, provenant de la bibliothèque d’un magistrat assassiné par un justiciable de son tribunal.