Première édition anglaise — d'un ouvrage de théologie reconnu — établie à partir de l'édition originale en allemand de 1906.
Reliure d'époque à la bradel en cartonnage d'éditeur kaki, dos lisse orné du titre et du nom de l'auteur dorés en tête et du nom d'éditeur doré en queue, ainsi que de filets dorés aux extrémités, deux filets estampés à froid en encadrement des plats. Envoi d'Albert Schweitzer à l'encre sur la première garde à Adèle Herrenschmidt, une amie — et amante éventuellement selon certains spécialistes — qu'il surnommait "Tata", de trente-deux ans son aînée, dont il est très proche pendant près d'un quart de siècle et avec qui il avait pour habitude de voyager, lui pour écrire, elle pour se reposer, en raison de sa santé chancelante : « Fribourg 1910, avril. En souvenir. Albert S. »
Coiffes légèrement affaisées et quelques discrètes taches au dos.
Provenance : bibliothèque de Mme Adèle Herrenschmidt par la famille.
« Ma chère amie,
Je n'ai que de bonnes nouvelles à vous donner. Votre nouvelle amie "per Prokura" [Adèle Herrenschmidt] va mieux, vraiment beaucoup mieux. À mon arrivée, elle était encore languissante ; la veille, elle s'était levée pour la première fois. Depuis lors, elle se sent mieux de jour en jour. Je fais encore un peu l'infirmier : nous faisons chaque jour de courtes promenades, et je dois lui tenir le bras. Mais je suis confiant quant à son avenir.
C'est pourquoi je suis sereinement satisfait. Plus d'inquiétude pour mes deux amies. Cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps.
Nous avons aménagé un agréable cabinet de travail, le même que j'occupe depuis quatre ans. Je contemple l'entrée de la vallée, fermée par un immense rocher. De l'autre côté, c'est le monde, et je frémis en songeant que chaque jour qui passe me rapproche du moment où je devrai contourner ce rocher et retourner dans le monde. Je savoure chaque instant, chaque seconde. Le murmure lointain du ruisseau me berce, et mes pensées sont comme des enfants qui s'éveillent en souriant.
Mes moments libres, lorsque je ne suis pas accaparé par mes fonctions d'infirmier, je les consacre à mon travail. Si je ne me retenais pas, je travaillerais toute la journée tant ma tête se porte bien. Vous aurez d'ailleurs fort à faire. Les deux premiers chapitres ["Geschichte der Leben-Jesu-Forschung"] sont entièrement remaniés. Je les ai envoyés hier à un jeune pasteur, un ami, afin qu'il en vérifie l'orthographe et la ponctuation. […] »
Extrait de la correspondance entre Albert Schweitzer et sa future femme Hélène Bresslau, 21 août 1905, parue en 2003 dans "The Albert Schweitzer-Helene Bresslau letters, 1902-1912".