Le grand rivage
Edition originale bilingue, un des 50 exemplaires numérotés sur vélin d'arches, tirage de tête.
La traduction en français, en regard du texte en anglais, a été établie par Patrick Guyon et Marie-Claude White.
Rare et bel exemplaire.
Edition originale bilingue, un des 50 exemplaires numérotés sur vélin d'arches, tirage de tête.
La traduction en français, en regard du texte en anglais, a été établie par Patrick Guyon et Marie-Claude White.
Rare et bel exemplaire.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'André Suarès à Georges Le Cardonnel : "... qui doit tout lire & n'en pense pas moins..."
Edition originale, un des 69 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Très bel exemplaire.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure à la bradel en plein papier à motifs abstraits, dos lisse, date dorée en queue, pièce de titre de maroquin rouille, couvertures conservées, reliure signée P. Goy & C. Vilaine.
Envoi autographe signé de André Malraux à J. Ernest-Charles.
Edition originale de la traduction française établie par Isabelle Rivière, un des 33 exemplaires numérotés sur pur fil de Voiron, le nôtre un des 5 hors commerce, et réimposés au format in-quarto tellière, seuls grands papiers.
Bel et rare exemplaire.
Edition originale, un des 15 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Très bel exemplaire.
Edition originale, un des 40 exemplaires numérotés sur vélin de lana, seuls grands papiers.
Bel exemplaire.
Edition originale sur papier courant.
Agréable exemplaire.
Précieux envoi autographe signé d'André Pieyre de Mandiargues : "A Henri Michaux le coeur de son vieil ami André Pieyre de Mandiargues" enrichi de la signature manuscrite d'Yvonne Caroutch.
Edition originale, un des 25 exemplaires numérotés sur popset whisky, tirage de tête.
Bel exemplaire.
Edition originale de la traduction française, un des 75 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Reliure en demi maroquin marron à bandes, dos lisse, date dorée en queue, plats, gardes et contreplats de papier marbré, couvertures et dos conservés, tête dorée, élégante reliure signée Alix.
Bel exemplaire agréablement établi.
Edition originale et premier tirage des illustrations pacifistes de Lucien Laforge, un des 400 exemplaires de luxe sur papier rouge mat spécial des papeteries Barthélémy, seuls grands papiers annoncés.
Quelques marques du temps sinon bel exemplaire de ce virulent pamphlet antimilitariste dans lequel court "comme le grésillement du fer rouge marquant à vif la chair pâle et grasse du Bourgeois repu de morts" (Paul Vaillant-Couturier in L'Humanité).
Édition originale pour chacun des volumes.
Bel exemplaire de Du côté de chez Swann en édition originale de second tirage comportant toutes ses caractéristiques (premier plat à la date de 1913, présence de la table des matières, absence du catalogue in fine) ; exemplaire, en édition originale portant la mention de quatrième édition pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs (portant le bon achevé d'imprimer du 30 novembre 1918); bien que portant le même achevé d'imprimé du 30 novembre 1918, les 128 exemplaires réimposés ne seront imprimés qu'un an plus tard, avec les grands papiers de la réédition de Swann ; pour les 11 volumes suivants, exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers avec les réimposés.
L'édition originale complète de La Recherche du temps perdu comprend les deux premiers volumes sur papier ordinaire avec les particularités mentionnées ci-dessus, puis des exemplaires de luxe pour les volumes suivants. Ces exemplaires de luxe sur pur-fil sont de même format que les deux premiers volumes.
Restaurations avec manques comblés sur le dos et les plats du premier volume et du deuxième, dos du troisième volume bruni, petites déchirures ou légers manques sans gravité en pied de certains dos, second plat du cinquième volume partiellement insolé, quelques rousseurs sur la tranche du sixième volume, ex-libris manuscrits en angles supérieurs droits du premier plat et de la page de titre du premier volume.
Cette collection complète de La Recherche comprend les titres suivants : Du côté de chez Swann, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté de Guermantes (2 volumes), Sodome et Gomorrhe (3 volumes), La Prisonnière (2 volumes), Albertine disparue (2 volumes) et Le Temps retrouvé (2 volumes).
Bel ensemble tel que paru intégralement en édition originale.
Edition originale de la traduction française, un des 200 exemplaires numérotés sur vélin blanc du Marais, seuls grands papiers.
Légers frottements sans gravité sur les mors.
Rare et agréable exemplaire.
Edition originale dédiée à Louis Jouvet, un des 108 exemplaires numérotés sur vergé Lafuma Navarre et réimposés au format in-quarto tellière, tirage de tête.
Reliure en demi chagrin maroquiné rouge, dos à cinq nerfs sertis defilets à froid, date dorée en queue, plats e papier à la cuve, gardes et contreplats de papier peigné, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure signée D.H. Mercher.
Créée par Louis Jouvet à la comédie des Champs-Elysées le 14 décembre 1923. L'acteur s'occupa également de la mise en scène et des décors ; en 1933 la pièce étant ensuite adaptée au cinéma par Roger Goupillières avec toujours dans le rôle principal Louis Jouvet.
Edition originale sur papier courant.
Petits manques habilement comblés en tête et en pied du dos.
Rare envoi autographe signé de Albert Cohen à Denise Mercier.
Troisième édition en partie originale car enrichie de 25 poèmes, précédée d'une longue notice de Théophile Gautier et suivie d'un appendice comportant des articles et lettres de 1857, réunies par Baudelaire à titre de « testimonia », par Barbey d'Aurevilly, Dulamon, Sainte-Beuve, Charles Asselineau, Custine, Edouard Thierry et Emile Deschamps. Ouvrage illustré, en frontispice, d'un portrait sur acier de Charles Baudelaire par Nargeot.
Un des rares exemplaires de première émission avec le titre à la bonne date de 1868 et sans mention d'édition.
Cette édition définitive totalise à présent 151 poèmes, contre 100 pour l'édition de 1857 et 129 pour la seconde. Parmi les nouveaux poèmes, 11 sont issus des Epaves.
Bien que désirée et préparée par Charles Baudelaire, cette dernière édition sera réalisée et mise en forme par Théodore de Banville et Charles Asselineau. L'exemplaire que Baudelaire avait « préparé pour la troisième édition des Fleurs du mal » et qu'évoque Poulet-Malassis dans sa correspondance, ayant été perdu, il n'est pas possible de savoir si ses fidèles amis respectèrent l'architecture et le choix des poèmes de l'auteur. Ainsi, les nouveaux poèmes ont été, dans leur grande majorité, insérés à la fin de la section Spleen et Idéal entre les poèmes Horreur Sympathique et L'Héautontimorouménos.
Reliure en demi chagrin rouge, dos à quatre nerfs de filets et doubles caissons estampés à froid, plats de papiers à la cuve, un coin légèrement émoussé, toutes tranches peignées, reliure de l'époque.
Exemplaire quasiment sans rousseur.
Cette ultime édition constitue également le premier tome des Œuvres Complètes du poète, comme l'indique la page de faux-titre. Il était cependant vendu séparément, la parution des sept volumes de l'édition complète s'étalant sur plusieurs années. Clouzot précise toutefois : "Très rare en reliure d'époque sans tomaison au dos".
Très bel exemplaire en élégante reliure du temps.
Edition originale rare et recherchée, selon Clouzot, surtout en reliure d'époque
Reliures en demi chagrin brun, dos à quatre nerfs rehaussés de filets dorés, ornés de doubles caissons dorés, reliures strictement de l'époque.
Gageons que le relieur n'était pas un lecteur habituel du grand écrivain car il a frappé "T. Gaultier" en guise d'auteur sur le dos.
Très bel exemplaire dans une condition particulièrement désirable.
Édition originale rare.
Reliure en demi maroquin caramel, dos à cinq nerfs, contreplats et gardes de papier peigné, couvertures restaurées conservées, toutes tranches peignées. Rousseurs.
Important envoi autographe signé d’Honoré de Balzac sur la page de faux-titre à son meilleur ami Laurent-Jan, dédicataire de Vautrin, modèle de Bixiou, de Léon de Lora et de nombreux autres personnages de La Comédie humaine.
Il fut pour Balzac à la fois son meilleur ami, son secrétaire fondé de pouvoir, son nègre littéraire et peut-être même... son « dilectus ».
Édition originale imprimée sur vélin d’Angoulême, exemplaire bien complet des six pièces condamnées et comportant les coquilles habituelles.
Reliure en demi chagrin noir, dos à quatre nerfs orné de doubles filets dorés et décorés de motifs typographiques dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier marbré, reliure de l’époque. Rares rousseurs éparses, légers frottements sur les coupes.
Très bel exemplaire.
Édition originale, un des 230 exemplaires numérotés sur Auvergne, le nôtre un des 75 exemplaires hors commerce, seul tirage après 10 chine et quelques hors commerce, exemplaire spécialement imprimé pour René Daumal.
Ouvrage illustré en frontispice d'une lithographie originale d'Étienne Cournault.
Infimes piqûres sans gravité en marges des plats.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce.
Exceptionnel et superbe envoi autographe signé du 27 décembre 1936 de René Daumal à sa future compagne Véra Milanova : « à Véra Milanova – à toi Véra, d'abord ces anciens mensonges (que je n'ai pu nourrir qu'en ton absence) pour leur faire une sépulture définitive ; puis ces quelques ombres de vérités que tu m'as aidé à comprendre ; mais surtout, Véra, je préfère te dédier une grande page blanche, neuve, invisible, où nous écrirons sans mots notre histoire. Prends ce petit tombeau d'un ancien René Daumal, de la main de ton Nasha. 27 décembre 1936. »
Edition originale, un des exemplaires du service de presse composté M.F. sur le premier plat et numérotés à la presse à la justification du tirage.
Petites déchirures restaurées sur le dos et en tête du premier plat, légères traces de pliures marginales sur le premier plat.
Précieux envoi autographe signé de Louis Pergaud à J.H. Rosny jeune. Lauréat du "Prix Goncourt" 1910 pour son recueil de nouvelles De Goupil à Margot, l'écrivain adresse ce nouvel ouvrage à l'un des membres historiques du jury.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Reliure en demi chagrin aubergine, dos à quatre nerfs orné de triples caissons dorés et décorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Ce recueil de poésie est suivi d'études sur Henry Murger par Théophile Gautier, Jules Janin, Arsène Houssaye, Paul de Saint-Victor...
Notre exemplaire est enrichi d'un billet autographe signé d'Henry Murger indiquant à son correspondant qu'il lui rendra visite bientôt.
Edition originale.
Reliure en demi chagrin marron, dos éclairci à cinq nerfs, date dorée en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, tête marbrée, reliure de l'époque.
Petites rousseurs sans gravité essentiellement en début de volume.
Envoi autographe signé des frères Goncourt à Mr Simon.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire complet de sa jaquette illustrée qui comporte, comme souvent, de petites déchirures marginales, deux déchirures recollées en pied du dos de l'ouvrage, une pâle mouillure au verso du second plat.
Rare envoi autographe signé de Georges Brassens : "à yoyo amical souvenir georges brassens."
Edition originale, un des exemplaires numérotés du tirage spécial reservé aux amis, collaborateurs et abonnés des Lettres Nouvelles.
Dos insolé, rousseurs marginales éparses.
Edition originale sur papier courant.
Reliure en demi maroquin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets dorés et orné de doubles caissons dorés et décorés, mention dorée en queue du dos "Ex. de Sainte-Beuve", doubles filets dorés sur les plats de papier marbré, petites taches noires sur les plats, gardes et contreplats de papier peigné, couvertures conservées, tête dorée.
Rousseurs éparses.
Précieux envoi autographe signé d'Auguste Brizeux : "A Sainte-Beuve, au poète et à l'ami. A. Brizeux."
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Robert Badinter à son cousin et ancien président de Médecins du monde : "Pour Claude Moncorgé, affectueusement, son cousin. Robert."
Ami, tu veux / Devenir poète / Ne fais surtout pas / L'imbécile / N'écris pas / Des chansons trop bêtes / Même si les gourdes / Aiment ça
Edition originale.
Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque
Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet.
Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde.
Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les œuvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix.
Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet.
Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne.
Dans ses Souvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » :
« Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. »
L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien.
Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une œuvre qualifiée, avec Le Pape et La Pitié suprême, de « testament philosophique » par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain.
Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001).
Extrait de Souvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet :
" Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais : Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles.
Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : — Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela.
Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre.
A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans. Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place ? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. Mme Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée.
— Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage.
Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années!
Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms !
Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides :
Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cœur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable.
Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents !
Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nœuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie.
Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale.
Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité.
Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie :
— Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti.
Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !"
Edition originale de la traduction pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Petites rousseurs sans gravité sur la tranche.
Agréable exemplaire.
Edition originale, un des 42 exemplaires numérotés sur japon Barjon, tirage de tête avec 8 japon hors commerce réservés à l'auteur.
Introduction par Francis Scarfe et préface de Jean-Jacques Mayoux.
Rare et bel exemplaire du premier ouvrage de Kenneth White bien complet de deux photographies de Marie-Claude White.
Edition originale sur papier courant.
Reliure à la bradel en demi percaline grise, dos lisse orné d'un fleuron central doré, double filet et date dorés en queue, pièce de titre de chagrin havane, plats de papier oeil-de-chat, gardes et contreplats de papier bleu, reliure de l'époque.
Précieux envoi autographe signé de Jean Richepin à Léon Deschamps.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire bien complet de sa jaquette marginalement et légèrement insolée sur le dos et les plats, petites déchirures en tête du premier plat.
Précieux envoi autographe daté et signé de Elias Canetti à Raymond Queneau : " Für Raymond Queneau aus Freude über eine unerwartete Begegnung, Juni 1951 ", "Pour Raymond Queneau, joie d'une rencontre inattendue".
Edition originale imprimée à 245 exemplaires numérotés, seul tirage après 10 papier fort.
Reliure à la bradel en demi percaline bleue, dos lisse orné d'un motif floral doré, double filet doré en queue du dos, pièce de titre de chagrin rouge comportant un tout petit manque, plats de papier à la cuve, couvertures conservées, reliure de l'époque.
Envoi autographe signé de Paul Fort.
Edition originale, un des 340 exemplaires numérotés sur Hollande, seuls grands papiers.
Reliure en demi chagrin brun à coins, dos lisse, contreplats et gardes de papier peigné, couvertures conservées, reliure de l’époque.
Quelques discrètes restaurations sur le dos et les mors.
Notre exemplaire à toutes marges est bien complet du tableau généalogique dépliant des Rougon-Macquart.