
Edition originale de ce poème de Paul Eluard lithographié d'après son manuscrit, accompagnant les sept gouaches réalisées par Jean Hugo reproduites au pochoir. Un des 948 exemplaires numérotés sur vélin pur fil.
Couverture rempliée, légèrement salie avec quelques rousseurs, trous de vers peu profonds au premier plat.
Envoi autographe signé de l'auteur à Jacques Coutant : "à Jacques Coutant dans Paris délivré mais encore convalescent".
"Ville au travers de tout comme
un sentier d'été, plein de fleurs
et d'oiseaux, comme un baiser
profond plein d'enfants souri-
ants, plein de mères fragiles.
Non, pas une ville ruinée, mais ville
compliquée, marquée par sa nudité."
(Paul Eluard).
Les sept gouaches créées par l'arrière-petit-fils de Victor Hugo en avril 1944, furent présentées en 1945 à Paul Eluard qui s'en inspira pour écrire ce poème. Par contraste avec sa poésie engagée des années de l'Occupation, directe et parfois dure, ces vers écrits après la Libération respirent une fraîcheur nouvelle, offerte par l'espoir de la paix, et renvoient davantage à une poésie de la mémoire et du soulagement. Ce sentiment de renouveau est encore renforcé par le caractère de la publication : si, durant la guerre, les écrits résistants de Paul Eluard circulaient clandestinement, publiés sous des pseudonymes au sein d'éditions épurées, le présent recueil, correspond déjà à une édition de nature bibliophilique, point de rencontre entre un poète et un artiste orchestré par une galerie d'art.
Provenance : l'année suivant la présente publication, Paul Eluard fit un don remarquable de cinquante-sept de ses poèmes manuscrits autographes des années 1920 à Jacques Coutant (1904-1987), haut fonctionnaire de police et verbicruciste sous le pseudonyme Roger La Ferté. Si le lien d'amitié entre Paul Eluard et Jacques Coutant ne semble pas avoir été documenté dans les sources bibliographiques et biographiques concernant le poète, il est néanmoins attesté par ce don généreux ainsi que par le bel envoi ornant le présent ouvrage.