
Edition originale collective pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un des exemplaires du service de presse.
Deux petites déchirures en tête du dos.
Rare et signifiant envoi autographe signé de Robert Desnos à la rédaction de la Revue Fontaine qui, en juin 1942, publiait le plus grand poème de la Résistance « Liberté » d'Eluard : " à toutes les sirènes de "Fontaine" (quand boirai-je de ton eau ?)"
Provenance : Bibliothèque Max-Pol Fouchet.
"Dirigée par Max-Pol Fouchet depuis Alger, la revue Fontaine est sans doute le symbole le plus achevé de la résistance intellectuelle à l’Occupation et au nazisme [depuis le] fameux appel de Fouchet dans le numéro d’août-septembre [1940], « Nous ne sommes pas vaincus »" (François Vignale, La Revue Fontaine. Poésie, Résistance, Engagement. Alger 1938-Paris 1949, Presses Universitaires de Rennes, 2012)
Lorsque paraît Fortunes, en mars 1942, la sirène est depuis dix ans l'emblème amoureux de Desnos, la figure de Youki, « la sirène idéale et vivante » du poème qui ouvre le recueil. En l'offrant à Fontaine, le poète détourne sa propre image : de la créature mythologique il passe à la sirène d'alerte, celle que fait retentir la revue depuis l'appel de Fouchet.
La soif "proverbiale" dont témoigne Desnos dans cet envoi est transparente : il souhaite contribuer à cet organe de la Résistance. En mars 1942, Desnos écrit depuis Paris occupé, où il signe encore dans la presse autorisée, mais quelques mois après la parution du recueil, en juillet 1942, il entre dans le réseau Agir. Arrêté le 22 février 1944, il mourra à Terezín le 8 juin 1945.
Précieux exemplaire à travers lequel Desnos, à la veille de son engagement clandestin, cherche à rejoindre le maquis des lettres.