Edition originale, contenant 23 contes d'Andersen traduits par David Soldi, ainsi qu'un essai biographique de Xavier Marmier.
Illustrée de 40 vignettes dans le texte par Bertall, gravés par Jacques G. J. Midderich et Alphonse Minne.
Reliure en pleine percaline bleu nuit, dos lisse, titre estampé à l'or, quelques infimes frottements sur les mors, quelques traces pâles sur les plats, reliure de l'époque.
Très rare exemplaire de ce recueil d'Andersen, qui constitue "la première traduction de contes d'Andersen en français réalisée directement à partir du danois, et qui resta longtemps la meilleure [...] .Cette traduction a connu une large diffusion et est encore publiée aujourd'hui" (Poul Høybye, H.C. Andersen og Frankrig).
C'est en Allemagne qu'on découvre d'abord Andersen. Les premiers recueils de ses contes parus en France sont même tirés d'éditions allemandes et non pas traduis directement depuis le danois (Contes pour les enfants, trad. Caralp (François Garay), Belin-Leprieur & Morizot, 1848 ; Contes choisis d'Andersen, August v. Schröter, 1848 ; Contes danois, Mame, 1853). Ce n’est qu'avec cette édition que parut la première véritable traduction française de ces mythiques oeuvres, qui comprend d'ailleurs quatre contes jamais parus en français : "Le Briquet", "La Grosse Aiguille" et "L’Ombre".
Le traducteur David Soldi, de son véritable nom Soldin, natif de Copenhague, passa la majorité de sa vie à Paris et traduisit notamment les Confessions d'un enfant du siècle de Musset en danois (1841). La rencontre entre Andersen et son traducteur se fera bien plus tard, lors des voyages de l'écrivain à Paris en 1867-68 : "Soldin me fit un discours : "Le plus grand poète du Danemark !" écrira Andersen dans son journal intime. [...] Après cela, leurs chemins ne se croisèrent probablement plus jamais. Andersen ignorait sans doute que la traduction de Soldi était en réalité la meilleure de celles publiées de son vivant". (Poul Høybye). Cette traduction influencera également les éditions portugaises et espagnoles de ces contes, et sera même utilisée comme moyen d'apprentissage du français (!) : "Même à l'école, nous lisions la traduction de Soldi du "Petit Claus et du Grand Claus" dans le manuel d'initiation de Jung. Et à Leipzig, en 1900, parut Contes d'Andersen, traduits par Soldi, für den Schulgebrauch ausgewahlt [sélectionné pour usage scolaire]" comme en témoigne Poul Høybye.
La notice biographique en tête de l'ouvrage est quant à elle tirée de l'article de l'ami d'Andersen, Xavier Marmier, qui publie en octobre 1837 dans la Revue de Paris une longue étude sur l’écrivain danois, contribuant au rayonnement d'Andersen en France.
Le recueil contient les contes suivants : L'intrépide Soldat de plomb ; Les Habits neufs du Grand-Duc ; La Bergère et le Ramoneur ; Le Briquet ; L'Ange ; Petit Claus et Grand Claus ; La Princesse sur un pois ; Le Jardin du paradis ; La Grosse Aiguille ; Les Fleurs de la petite Ida ; Le Compagnon de voyage ; La Petite Fille et les allumettes ; La Vieille Maison ; L'Ombre ; Le Coffre volant ; La Pâquerette ; Une semaine du petit elfe Ferme-L'Œil ; La Petite Poucette ; La Petite Sirène ; Le Vilain Petit Canard ; Les Cygnes sauvages ; Le Rossignol ; Le Chanvre.
Gumuchian, 6052.