
Édition de 1825, dont il manque ici la page de titre, dans laquelle le célèbre parolier se posa pour la première fois, explicitement et par écrit, en compositeur à part entière de La Marseillaise, autrement dit en auteur tant de l'air que des paroles. Il se prêtera à cet exercice à une seule autre reprise, dans une lettre du 5 janvier 1829 à M. Beuchot. L'hymne national de la France connut dans ses premières années d'existence une véritable polémique autour de sa paternité, en particulier sur la composition musicale, qui se poursuivra bien après 1825, malgré les déclarations de cette édition. Hector Berlioz fut de ceux qui tinrent Claude-Joseph Rouget de Lisle pour l'auteur.
Reliure d'époque en demi-basane brune, dos lisse orné de fleurons et filets dorés, papier marbré sur les plats, couvertures conservées.
Coiffe inférieure accidentée, mors supérieur fendu sur 5 cm, manques de papier aux coupes, coins émoussés.
Rousseurs éparses comme souvent pour les livres du XIXe siècle, petite déchirure dans la marge droite de la première couverture.
On trouve en plus de La Marseillaise, présentée ici en version très aboutie, enrichie de plusieurs améliorations, pas toutes de la main de Rouget de Lisle lui-même, les partitions des chants suivants :
En 1825, alors qu'il approche les soixante-cinq ans, Claude-Joseph Rouget de Lisle réunit en un seul et même volume un ensemble de chants, les siens et d'autres chants fameux. Parmi les partitions figure à la p. 84 sous le n°23 son chef-d'œuvre : La Marseillaise, appelée ici L’Hymne des Marseillais. Onze lignes d’introduction la précèdent, où l’auteur revient sur la genèse de son hymne, composé en 1792. Pourtant, à l’origine, le plus célèbre des symboles de la République française vit le jour anonymement, sans qu’aucun nom de parolier ni de compositeur soit communiqué :
(Liste non-exhaustive établie grâce aux recherches d'Arthur Loth dans Le chant de la Marseillaise, 1886)
Après le mois d'octobre 1792, les premières mentions du nom de Lisle se répandirent dans les imprimés de l'époque, où ce dernier figura comme parolier, mais aussi comme compositeur. Le 14 juillet 1795, un deuxième décret sur l'Hymne des Marseillais fut promulgué, faisant de Claude-Joseph Rouget de Lisle l'unique auteur officiel de La Marseillaise, trois années après sa création.
Bel ouvrage d'intérêt musical majeur, comprenant les pièces importantes de Claude-Joseph Rouget de Lisle, décrit en 1878 par la revue mensuelle de « La Musique à Bordeaux » comme étant son « testament poético-musical ».