To Stanislaw Wyspianski
Bel exemplaire.
Le vélin, inventé par James Whatman pour l'éditeur John Baskerville, est ainsi nommé parce que son absence de trame et de grain évoque l’antique peau de vélin qui précéda l’invention du papier et servit encore longtemps pour les tirages uniques destinés à de grands personnages. Lisse et satiné, généralement d’une blancheur parfaite, c’est un papier homogène, sans grain ni texture qui ne s’offre pas à l’admiration du lecteur pour sa beauté, mais qui porte le texte avec netteté et sans transparence. « Pur fil », c’est-à-dire « riche » (mais rarement de composition exclusive) en lin et chanvre à l’instar des papiers de chiffons d’antan, il est d’une souplesse au feuilletage qui invite à une lecture insatiable et se prête idéalement aux découvertes de textes inconnus et de nouveaux auteurs.
Edition originale, un des 350 exemplaires numérotés sur rives, le nôtre non justifié, seuls grands papiers.
Reliure en demi chagrin rouge, dos à cinq nerfs soulignés de pointillés dorés et orné de doubles filets dorés, petites taches sur le dos, plats, gardes et contreplats de papier marbré, premier plat de couverture conservé, coins très légèrement émoussés, tête mouchetée, reliure de l'époque.
Précieux envoi autographe daté et signé de Marcel Bleustein, qui prit le pseudonyme de Blanchet pendant la Résistance, à Paul Verneyras.
Homme de presse, militant syndicaliste et homme politique, Paul Verneyras s'engage dans la Résistance dès 1940 en participant au développement du mouvement Libération-Nord avec Gaston Tessier. Pour son action pendant l'occupation, Paul Verneyras sera décoré de la rosette de la Résistance et fait officier de la Légion d'honneur.
Emouvant hommage d'un Résistant à un autre Résistant.
Edition originale, un des 150 exemplaires numérotés sur vélin à la forme, seuls grands papiers.
Reliure en demi chagrin rouge, dos à cinq nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles filets dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, premier plat de couverture conservé, tête mouchetée.
Agréable exemplaire.
Edition originale, un des 100 exemplaires numérotés sur vélin à la forme, seuls grands papiers.
Reliure en demi chagrin rouge, dos à cinq nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles filets dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, premier plat de couverture conservé, tête mouchetée.
Préface du général Roques.
Agréable exemplaire complet de sa carte dépliante en fin volume.
Édition originale de la traduction française, un des 77 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Préface d'Albert Camus.
Agréable exemplaire présenté sous une chemise et un étui : dos lisse de box noir, plats de papier marbré, ensemble signé de Devauchelle.
Dernière édition clandestine de ce chef-d'œuvre de la littérature de la Résistance, publiée à 2100 ex, le nôtre un des 100 exemplaires numérotés sur papier couché, seul grand papier. Imprimée à Aurillac, dès la libération de la ville en aout 1943, alors qu'une partie du département est encore occupé, cette "seconde édition" à l'initiative du Comité National des Intellectuels, Section du Cantal, ne porte pas encore le nom de son auteur qui ne sera révélé que dans la première édition publique en octobre 1944, à l'occasion de la réédition de tous les volumes publiés sous l'Occupation.
Une petite pliure en pied du premier plat atteignant aussi les feuillets suivants, infimes piqûres en marge droite du premier plat.
D'abord paru, sans doute simultanément, en zone nord sous forme de tract par « Les éditions de Minuit » et en zone sud, en brochure artisanale (la couverture était du papier peint) inaugurant la célèbre « Bibliothèque française », ce long poème paraitra ensuite une première fois en volume en octobre 1943 avant qu'il ne soit décidé de réaliser enfin un tirage de luxe « destiné à honorer les contributions financières des bibliophiles résistants ».
Le Musée Grévin, considéré dès sa parution comme « Les Châtiments de 1943 » (Les étoiles, déc. 1943, n° 14), restera avec Liberté de Paul éluard, « un des chefs-d'œuvre de la littérature clandestine ». Dans L'Intelligence en guerre parue dès 1945, Louis Parrot, écrira à son propos : « ce poème, traversé d'images éblouissantes, est en même temps qu'une condamnation sans appel des traîtres, une prière, un acte de fois envers leurs malheureuses victimes. Il peint en termes vengeurs, les misérables qui les livrèrent aux bourreaux et évoque le visage de tant de femmes françaises torturées. »
Ce poème capital est en effet une des toutes premières évocations publiques, et la première littéraire, du camp d'Auschwitz : « Aux confins de Pologne, existe une géhenne dont le nom siffle et souffle une affreuse chanson. Ausschwitz?! Ausschwitz?! Ausschwitz?! ô syllabes sanglantes?! Ici l'on vit, ici l'on meurt à petit feu. On appelle cela l'exécution lente. Une part de nos cœurs y périt peu à peu?».
Exceptionnel exemplaire imprimé sur beau papier, véritable acte de guerre dont on imagine la périlleuse opération pour se procurer du papier de luxe dans une France où les nazis contrôlait la production de papier à imprimer à travers le Comité d'organisation des industries, arts et commerces du livre (COIACL).