Edition originale sur papier courant.
Petites déchirures en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé d'Henri de Montherlant à Georges Bataille.
16 septembre 1897
9 juillet 1962
Edition originale sur papier courant.
Petites déchirures en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé d'Henri de Montherlant à Georges Bataille.
Lettre autographe signée de Georges Bataille à Denise Rollin, 40 lignes à l'encre noire, 2 pages sur un feuillet.
La relation entre Georges Bataille et Denise Rollin a duré de l'automne 1939 à l'automne 1943 et a laissé une courte mais passionnante correspondance. La présente lettre date des débuts de leur histoire mais laisse déjà apparaître les angoisses de Bataille : « Peut-être ai-je été trop heureux avec vous pendant quelques mois, même alors que l'angoisse ne tardait jamais beaucoup à interrompre, au moins pour un temps, un bonheur qui était presqu'un défi. »
Amoureux passionné, il passe de l'exaltation au doute le plus profond et offre même à sa maîtresse une potentielle échappatoire à leur relation : « Si vous ne pouvez plus supporter, me supporter, je vous en supplie, ne vous trompez plus : dites que c'est moi, et non une maladresse que j'aurais pu éviter, qui est facilement réparable. » Il se propose en tant que victime sacrificielle sur l'autel de leur amour plutôt que de vivre une histoire fade et sans saveur : « Comprenez-moi quand je vous dis que je ne voudrais pas que tout s'enlise, que je veux bien accepter la souffrance pour moi, plutôt que pour vous et moi une sorte de médiocrité infirme. »
Plus tôt dans la lettre, c'est à l'humour qu'il a recourt pour la distraire de ses préoccupations : « J'ose à peine vous faire rire en vous racontant que je maigris, que mes pantalons tombent quelquefois, parce que je n'ai pas encore pris l'habitude de serrer la ceinture au nouveau cran. » Puis, il se refait suppliant : « je vous écris comme un aveugle, parce qu'en me parlant comme vous le faites quand vous me quittez ou quand vous me téléphonez, vous me faites tomber dans une obscurité presqu'insupportable. » Avant de tenter de se raisonner lui-même : « il y a des moments où j'ai honte de douter de vous et d'avoir peur, ou encore de perdre stupidement la tête. » Enfin, cerné par toutes ses incertitudes d'homme amoureux, Bataille tente de trouver du répit dans l'évocation de la famille qu'il a recomposée avec Denise et son fils Jean (alias Bepsy) : « Si vous m'écrivez, dites-moi comment est Bepsy, c'est la seule chose, peut-être, que vous pouvez me dire qui ne touche plus en moi un point douloureux. »
Édition originale consistant en 15 numéros en 15 livraisons, abondamment illustrée de photos en noir et blanc. Bien complet du numéro spécial « Hommage à Picasso » (nº 3 de 1930) et de la table des matières de l’année 1929, un cahier séparé de 8 pages imprimées en noir sur papier couché et agrafées.
Quelques dos légèrement insolés sans gravité, petites rousseurs en marges de certains plats.
Ensemble présenté dans un coffret au dos carré lisse en maroquin bleu pétrole, portant le titre au paladium et encadré d'un filet au palladium, plats de papier décoratif bleu, contreplats doublés de daim bleu ciel, bel ensemble signé Boichot.
Collection complète de cette revue mythique et non conformiste lancée par Georges Bataille, donnant une place aux « domaines de l’art et du savoir non reconnus par la culture officielle ou controversés : la littérature populaire, le jazz, le café-concert, la publicité, la vie quotidienne » (Annie Pirabot) ainsi que objets et arts dits primitifs.
Textes de Jean Babelon, Jacques Baron, Georges Bataille, Alejo Carpentier, Arnaud Dandieu, Robert Desnos, Carl Einstein, Roger Gilbert-Lecomte, Marcel Griaule, Juan Gris, Eugene Jolas, Marcel Jouhandeau, Michel Leiris, Georges Limbour, Marcel Mauss, Léon Pierre-Quint, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Zdenko Reich, Paul Rivet, Georges Ribemont-Dessaignes, Georges-Henri Rivière, André Schaeffner, Roger Vitrac, etc.
Nombreuses contributions graphiques en pleine page de Hans Arp, Constantin Brancusi, Giorgio De Chirico, Alberto Giacometti, Juan Gris, Henri Laurens, Fernand Léger, André Masson, Joan Miró, Pablo Picasso, Joseph Sima, etc.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur vélin, seul tirage.
Cartonnage de l'éditeur relié d'après la maquette originale de Paul Bonet.
Riche iconographie.
Agréable exemplaire complet de sa jaquette illustrée.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux : "Pour Georges Bataille André Malraux."
Touchante lettre autographe signée de Georges Bataille à Denise Rollin, 37 lignes à la mine de plomb, petite mouillure en haut à droite, sans atteinte au texte.
Georges Bataille tente de rassurer sa compagne Denise Rollin : « Je t'en supplie. Il ne faut pas t'inquiéter, mais pas du tout. » Elle est partie s'installer à Vézelay où Bataille la rejoindra bientôt. Il est resté à Paris où les bombardements ne perturbent en rien la vie des parisiens : « Tu n'imagines point à quel point les petits dégâts qu'on voit paraissent insignifiants à côté de la place intacte qu'il y a de tous les côtés. Pendant toute l'alerte, j'ai déjeuné bien tranquille avec mon chef de service de passage à Paris (il vit au front) » Bataille n'a pas renoncé à son emploi de bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. Tuberculeux, il n'est pas envoyé au front et il en profitera pour rédiger plusieurs textes à cette époque tels que Madame Edwarda ou Le Coupable.
Plus loin, il évoque une visite : « Un peu après, Henri Michaux est venu me voir » Les deux hommes avaient participé à la revue Mesures et avaient en commun d'être à part de la nébuleuse surréaliste. Il se retrouve dans leurs œuvres respectives une violente indépendance et la même tension vers la spiritualité, une forme de mysticisme. Bataille avait fréquenté le séminaire dans sa jeunesse et Michaux a plaisamment dit de lui : « Il donne l'impression d'un séminariste sortant furtivement d'une pissotière. »
Après ces nouvelles presque triviales, Bataille se lance dans une analyse de ses sentiments : « Ce que tu me dis dans ta lettre, c'est pour moi ce qui délivre, c'est comme la nudité, tout ce qui se déchire entre toi et moi. Mais, encore une fois, je ne me suis jamais senti aussi près de toi. » Il demande à sa correspondante : « il faut me dire tout. C'est très doux que j'aie vu où tu es, que je connaisse les chemins que tu prendras, les ponts par où tu passeras. » La sensualité n'est jamais loin du sentiment pour l'auteur : « Dis-moi aussi quelle chambre tu as : pour que je songe à toi dans cette chambre et à tout ce qui arrivera là quand nous serons de nouveau ensemble. »
De cette sensualité, et des sensualités passées, il reste les fruits que sont les enfants. Denise Rollin est partie à Vézelay en compagnie de son fils Jean, surnommé Bepsy : « Tu ne me dis rien de ta vie avec Bepsy [...] Bepsy est-il plus calme : moi aussi je l'ai entendu crier dans tes bras. » Bataille remercie Rollin : « Pour Sylvia je t'ai une immense reconnaissance de m'avoir aidé à changer. » Sylvia Bataille fut la première épouse de Georges Bataille. Ils s'étaient séparés en 1934 mais ne divorceront qu'en 1946. De cette relation, pour l'auteur : « Il ne reste que Laurence et la nécessité d'envisager les choses sans heurt » Laurence était la fille née de ce mariage en 1930. Elle rejoindra Bataille, Rollin et Bepsy en 1943 lorsque son père ira s'installer à Vézelay.
Nouvelle édition.
Légères déchirures sans gravité en tête du dos et en marges des plats.
Précieux et bel envoi autographe signé de Marguerite Yourcenar à Georges Bataille : "Au directeur de Critique hommage de l'auteur, Marguerite Yourcenar, "Il y a quelque chose à dire en faveur de l'exception, pourvu qu'elle ne veuille pas se faire passer pour la règle." F. Nietzsche."
Autant la vie de Bataille écrivain est bien connue dans ces années, autant sa vie privée échappe. Et ce n'est pas le moindre paradoxe de cette oeuvre plus qu'aucune autre dénudante qu'elle ne dise de la vie privée que le minimum, et généralement le pire. » (M. Surya, G. Bataille, la mort à l'oeuvre)
Lorsque Georges Bataille rencontre Denise Rollin en 1939, il vient de perdre son précédent amour, Colette Peignot, morte de la tuberculose, tous ses amis l'ont abandonné, et la guerre vient d'être déclarée. Pourtant ce chaos sentimental et social n'affecte pas autant Bataille que la relation tumultueuse qu'il entretiendra alors avec Denise Rollin, amie de Cocteau, Breton, Prévert et égérie de Kisling et Derain.
Leur idylle durera quatre ans, on connaît peu de détails de leur vie sentimentale durant cette période d'Occupation sinon ce que Bataille veut bien nous en apprendre dans Le Coupable qui s'inspire pour une part de cette relation passionnée et douloureuse.
En 1961, lors d'un entretien, Bataille reviendra sur cette période : « Le Coupable est le premier livre qui m'ait donné une sorte de satisfaction, anxieuse d'ailleurs, que ne m'avait donnée aucun livre et qu'aucun livre ne m'a donnée depuis. C'est peut-être le livre dans lequel je suis le plus moi-même, qui me ressemble le plus... parce que je l'ai écrit comme dans une sorte d'explosion assez rapide et assez continue. »
Les lettres que Bataille adresse à Denise durant cette période contiennent en effet en germe les sentiments qui explosent dans Le Coupable comme dans toute l'oeuvre de Bataille. Flux et reflux incessant d'amour et de souffrance, d'extase et de déception, de calme et d'énergie, mêlant tutoiement et vouvoiement, compliments et reproches, elles sont souvent impossible à dater avec précision tant elles procèdent toutes d'un même mouvement de flagellation extatique :
« Je n'ai même plus le courage de vous dire ce que je souffre : en tout cas imposer une pareille souffrance à un homme, exactement pour rien, cela devient une maladie, comme un délire. Je ne sais pas comment j'ai trouvé moyen d'espérer malgré tout - jusqu'ici. »
« Ce que tu me dis dans ta lettre, c'est pour moi ce qui délivre, c'est comme la nudité - tout ce qui se déchire entre toi et moi. Mais encore une fois, je ne me suis jamais senti aussi fier de toi. »
« Jai honte de tant souffrir et de vous ennuyer avec ma souffrnance quand vous seule êtes malade. »
« Je ne vous parle que pour que vous sachiez à quel point je vous aime, à quel point tout es devenu en moi aussi vrai que la maladie. »
« Je suis tellement fou en ce moment que je ressens comme une complicité et une perfidie de tous pour me faire mal, comme si vous vous prêtiez au jeu pour que je sois encore plus désespéré. »
« Maintenant je n'aspire qu'à une chose, c'est à vous prouver que je n'appartiens plus qu'à vous, que je suis rivé à vous, que je veux que vous le sachiez à tel point que si je ne devais plus avoir d'autre moyen qu'une profanation pour vous le prouver, je ferais devant vous cette profanation. »
« Je ne voudrais pas que tout s'enlise, [...] je veux bien accepter la souffrance pour moi, plutôt que pour vous et moi une sorte de médiocrité infirme. »
« Je vous écris comme un aveugle, parce que (...) vous me faites tomber dans une obscurité insupportable. »
« Peut-être ai-je été trop heureux avec vous pendant plusieurs mois, même alors que l'angoisse ne tardait jamais beaucoup à interrompre, au moins pour un temps, un bonheur qui était presqu'un défi. »
La guerre, dans ces lettres, ne semble vue et vécue qu'à travers la tension amoureuse de Bataille :