
Edition originale réunissant des textes parus précédemment dans la Revue générale et la Revue maritime, illustrée de trente-et-une figures dont cinq cartes.
Reliure de l'éditeur en demi-percaline brune à la Bradel, auteurs et titre dorés au dos. Frottements à la reliure, coins émoussés, quelques rares rousseurs à certains feuillets, un manque marginal sans atteinte au texte à la page 7.
Nous n’avons localisé dans WorldCat qu’un seul exemplaire de cet ouvrage, conservé aux Smithsonian Libraries.
Envoi autographe signé d'Edouard Deburaux à M. Jean Benoit sur la première page de garde : "affectueusement à M. Jean Benoit E. Deburaux".
Edouard Deburaux, polytechnicien et officier aérostier, souvent désigné sous son pseudonyme de Léo Dex, et l’ingénieur Maurice Dibos, tous deux passionnés d’aérostation, publient plusieurs ouvrages techniques et romans d’aventures consacrés au ballon, certains écrits en collaboration. Ces récits, que Deburaux qualifie lui-même de "romans aérostatiques", s’inscrivent dans le sillage de Cinq semaines en ballon de Jules Verne, où le ballon est à la fois le véhicule des héros et le moteur de l’intrigue, et dont l’action se déroule sur le continent africain, alors au cœur des rivalités coloniales. Le genre puise dans l’imaginaire que l’aérostat nourrit dans la seconde moitié du siècle : au lendemain de la guerre de 1870, l’armée française développe l’usage des ballons d’observation et leur consacre en 1877 l’Etablissement central de l’aérostation militaire de Chalais-Meudon ; en 1884, le dirigeable La France de Charles Renard et Arthur Constantin Krebs accomplit le premier vol en circuit fermé d’un aéronef dirigeable.
Le présent volume, dont l’une des parties est consacrée aux fleuves aériens, s’inscrit dans une série d’études sur les grands courants atmosphériques, que les deux auteurs entendent mettre au service de voyages aériens au long cours. Deburaux tente de mettre ces travaux à l’épreuve en janvier 1903, près de Gabès, en Tunisie : il y fait lâcher des ballons sans équipage afin de démontrer qu’un ballon libre pourrait traverser le Sahara porté par les alizés d’hiver. L’expérience échoue, et Deburaux décède prématurément l’année suivante.
Ecrit par deux spécialistes de l’aérostation, également auteurs de romans d’aventures, cet ouvrage technique sur les courants aériens témoigne du rêve de conquête du ciel en aérostat, auquel Jules Verne avait donné une forme romanesque quelques décennies plus tôt.