
Première édition des Evangiles dans la traduction de Pierre Dassance, illustrée d'un frontispice chromolithographié d'après un dessin de Langlois, gravé par Cyprien Jacquemin, un titre gravé par Brevière pour chaque Evangile, douze planches gravées sur acier d'après les dessins de Tony Johannot, deux cartes coloriées à la main et dix gravures d'après les dessins de Charles Marville sur chine appliquées. Nombreux encadrements ornés, cul-de-lampes, vignettes d'en-tête et lettrines. Le frontispice et la vignette avec la lettrine de la page IX du premier volume sont rehaussés à la main de d'or et de couleurs.
Reliures de l'éditeur en plein maroquin à long grain bleu nuit, plats estampés à froid, plaques dorées centrales sur chaque plat dont une signée par G. Thévenon, encadrement doré, dos lisse avec des motifs dorés, titre et numéro de volume dorés, filet doré sur les coupes, ornements dorés sur les coiffes, roulette intérieure, contreplats de papier à aspect moiré, tranches dorées. Fines épidermures, coins frottés, quelques rousseurs, coutures faibles en début du deuxième volume.
Édition richement illustrée des Évangiles en deux volumes, avec un discours préliminaire de Bossuet et une large section consacrée à l'histoire et à la géographie de la Terre sainte. L'ouvrage compte parmi les premières publications de Léon Curmer (1801-1870), établi éditeur peu avant, et demeure l'un des livres les plus caractéristiques du romantisme typographique français : texte illustré d'encadrements gravées sur bois d'après Cavelier père, frontispice particulier pour chaque évangéliste, lettrines et bandeaux historiés, planches hors texte gravées sur acier d'après Tony Johannot et vues de la Palestine gravées sur bois d'après Marville, tirées sur chine appliqué. Ces éditions de Curmer étaient conçues pour recevoir des rehauts d'or et de couleurs, dont l'ampleur varie sensiblement d'un exemplaire à l'autre : celui-ci présente le frontispice ainsi que le bandeau et la lettrine du discours préliminaire ainsi rehaussés.
Cet exemplaire est rare à plus d'un titre : conservé en reliure d'éditeur, il présente également une plaque signée par le dessinateur, G. Thévenon. Les fers et plaques ornant les plats des reliures d'édition étaient le plus souvent copiés sur une illustration de l'ouvrage, ou dus au graveur lui-même ; le nom du dessinateur n'y figure que très rarement, et principalement sur des plaques de composition originale destinées à de belles éditions. Sophie Malavieille, qui a établi le corpus de référence en ce domaine, ne relève qu'un petit nombre de ces noms sur l'ensemble de la période, dont celui de G. Thévenon pour l'année 1836 précisément (S. Malavieille, Reliure et cartonnage d'éditeur en France au XIXe siècle, thèse de l'École des chartes, 1984). Sur notre exemplaire, cette signature se situe en pied de la figure du Christ, sur le premier plat du premier volume.
Rare exemplaire réunissant la reliure d'éditeur et la signature du dessinateur de sa plaque.