Ouvrage complet de son titre-frontispice d'Antoine de Nervèze, pionnier oublié du roman dévot français. Père ou frère de la précieuse Suzanne de Nervèze, il fut le « mignon des Dames » selon une mazarinade, et l'ami des poètes Scévole de Sainte-Marthe, Philippe Desportes et Jean Bertaut. Édition enrichie de bandeaux et lettrines végétales et zoomorphes. Sur le bandeau de la première épître, deux aigles couvent et nourrissent leurs aiglons, et sur la lettrine de l'épître parlant de médisance, un serpent et un escargot font les commères ensemble.
Plein vélin d'époque à rabats, dos avec en tête le titre à l'encre estompé et en queue une ancienne étiquette de bibliothèque, lacets apparents. Ex-libris sur le premier contreplat de l'avocat Victor Duchâtaux, bibliophile de la seconde moitié du XIXe siècle. Plat supérieur baillant légèrement, taches marginales sur les plats.
Première garde blanche accidentée, petite galerie de vers débutant sur le plat supérieur, rejointe par une deuxième à la p. 13, puis par une troisième à la p. 135. Ces galeries affectent légèrement le texte. Petite mouillure jusqu'à la p. 37, puis des pp. 87 à 157.
Première garde blanche annotée à l'encre brune.
« Ajoutons par ailleurs que depuis une trentaine d'années, on remarque un regain d'intérêt pour Antoine de Nervèze dans des études générales consacrées au roman du XVIIe siècle. La dette revient à Henri Coulet qui a ouvert une voie nouvelle en 1967 en publiant Le Roman jusqu'à la Révolution, mais on peut s'étonner qu'aucune analyse critique de longue haleine ne se soit intéressée à la production littéraire, pourtant très vaste et très variée, de Nervèze. »
Antoine de Nervèze : pieux Protée ou caméléon mondain ?, Nancy Oddo, Littératures classiques, Année 1997, 31, pp. 39-62