Première édition de l'œuvre complète de Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, éditée par François Richer sous la gouverne du fils de l'auteur. Les volumes 1 et 2 contiennent le célèbre titre De l'esprit des lois, introduit par un bandeau représentant la médaille de Dassier de 1753 et illustré de deux cartes — une mappemonde et une autre de l'Europe — dans le second volume. Notre exemplaire est enrichi d'un frontispice, dessiné par Jacques de Sève et gravé par Claude-Antoine Littret, issu de l'édition londonienne de 1767, ainsi que de 10 pages supplémentaires comportant les « Additions » au volume 3.
Décrite comme canonique, l'édition de 1758, selon Plassan et André Masson, « fut rédigée d'après le texte de l'auteur et les changements trouvés dans ses papiers. »
Reliures d'époque en veau brun moucheté, dos lisses richement dorés, pièces de titre et de tomaison en maroquin brun, triple filet doré en encadrement des plats, avec des fleurons aux angles, double filet doré aux coupes, tranches bleues à motif peigné, roulette dorée à grenades et fleurons sur les chasses, contreplats et gardes marbrés à motif coquille. Sur les contreplats de notre exemplaire figurent une étiquette de bibliothèque sur chaque tome et deux ex-libris sur les tomes 1 et 3. Le premier est aux armes du prince Auguste Marie Raymond d'Arenberg, comte de La Marck, et le second est aux armes de son fils le prince Ernst Engelbert Louis Marie d'Arenberg.
Quelques discrètes épidermures et griffures sur les plats, accroc en marge du plat supérieur du tome 1, coiffe supérieure légèrement détachée sur le tome 1, trou de vers en queue du dos du tome 2, coins émoussés.
Quelques rousseurs éparses. Dans le tome 1, petits trous marginaux aux pp. v et 1. Dans le tome 3, infime déchirure marginale à la p. 115 et petit trou en marge de la p. 175.
La p. ix paraît deux fois dans le tome 1, la seconde fois en regard de la p. lxxxvi. Quelques annotations manuscrites notamment sur la page de faux-titre du tome 3.
« C'est, pour ainsi dire, l'édition définitive des ouvrages que Montesquieu lui-même a voulu donner au public. Richer avait eu communication des corrections et des additions que Montesquieu avait faites dans ses ouvrages. »
Montesquieu et l'esclavage, étude sur les origines de l'opinion antiesclavagiste en France au XVIIIe siècle, Russel Parsons Jameson, 1911