
Édition illustrée de douze eaux-fortes originales d'Édouard Chimot, tirée à 576 exemplaires numérotés. Le présent exemplaire, n° 111, appartient aux 100 exemplaires imprimés sur vélin teinté de Hollande Van Gelder, accompagnés d'une double suite des eaux-fortes en couleurs et en noir.
Il est en outre enrichi d'un dessin original signé d'Édouard Chimot ainsi que d'une remarquable quadruple suite, sur papier Japon, de huit eaux-fortes de l'illustration de l'ouvrage : état au trait sur cuivre non réduit, état au trait avec remarques, tirage en noir sur cuivre réduit et état définitif en couleurs. Cette suite pourrait correspondre à celle annoncée dans la justification pour les quarante exemplaires hors commerce, sans qu'il soit toutefois possible de l'établir avec certitude. D'un format supérieur à celui du volume, elle explique les dimensions exceptionnelles de cet exemplaire, des onglets de papier ayant été ajoutés afin de compenser la différence de hauteur. Dimensions : volume 20 × 25 cm ; dessin 21,5 × 31,5 cm ; suite sur Japon au format du dessin.
Somptueuse reliure doublée en plein maroquin caramel, ornée d'un spectaculaire décor Art déco continu, doré et mosaïqué, se prolongeant sur les plats et le dos, signée au bas du contreplat par Marie-Madeleine Lorthiois. Contreplats en maroquin bleu canard ornés d'un décor doré et mosaïqué assorti, gardes de soie noire et or, doubles gardes de papier à la cuve argenté, filet doré sur les coupes, coiffes guillochées dorées, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés. Chemise à rabats en demi-maroquin caramel, titre doré au dos, étui assorti. Légers frottements à l'étui et en tête de la chemise.
Exemplaire personnel de la relieuse et bibliophile Marie-Madeleine Lorthiois, portant son étiquette ex-libris gravée. Christian Galantaris considérait cette réalisation comme « l'une des plus belles de Marie-Madeleine Lorthiois ».
Nommé directeur artistique des Éditions d'Art Devambez en 1923, Édouard Chimot y dirigea, durant les années 1920, quelques-unes des plus prestigieuses publications illustrées de la bibliophilie française. Ce Bilitis inaugure la série des ouvrages qu'il consacra à Pierre Louÿs, poursuivie avec Les Poésies de Méléagre en 1926 puis La Femme et le Pantin en 1928. Publié l'année même de la mort de l'écrivain, Les Chansons de Bilitis, faux recueil présenté en 1894 comme la traduction des poèmes d'une poétesse grecque antique imaginaire, avait profondément marqué son époque par la liberté avec laquelle il évoquait l'amour entre femmes. Chimot en livre ici une interprétation graphique d'une rare élégance, où les derniers raffinements du symbolisme se fondent dans l'esthétique naissante de l'Art déco.
Dans la hiérarchie bibliophilique de cette édition, le tirage sur vélin teinté de Hollande Van Gelder occupe l'un des tout premiers rangs, immédiatement après les exemplaires sur Japon. L'adjonction d'un dessin original, d'une quadruple suite d'essai d'une qualité exceptionnelle, de la provenance de Marie-Madeleine Lorthiois et d'une reliure qui compte parmi les chefs-d'œuvre de cette grande artiste fait de cet exemplaire un ensemble bibliophilique d'un caractère tout à fait hors du commun.