Belle édition complète de ses 12 gravures sur acier avec serpente d'après les peintres Jean-Louis-Ernest Meissonier, Bartolomé Esteban Murillo, Philippe de Champaigne ou encore Hyacinthe Rigaud, et de son frontispice-titre en chromolithographie. Des entrelacs floraux, zoomorphes, à figures et armoriés encadrent les pages accueillant le Discours sur l'histoire universelle. Exemplaire également enrichi de lettrines et culs-de-lampe élaborés et d'un frontispice en noir et blanc ouvrant chaque partie.
Reliures luxueuses en plein veau bleu marine glacé à la cathédrale, dos lisses ornés de fers gothiques en long dorés et estampés à froid, représentant des fenêtres en ogive, dates et titres dorés, typographie gothique pour les titres, sur les plats, plusieurs filets dorés et une frise de palmettes à froid, en encadrement d'une plaque centrale dorée et estampée à froid, coupes ornées de motifs dorés et à froid répétés, tranches dorées, triple filet doré sur les chasses, contreplats et gardes de papier à effet moiré.
Coins légèrement émoussés, quelques discrètes griffures sur les plats, reliures en très bel état.
Rousseurs éparses, la plupart en marge du texte et des illustrations, quelques feuillets et planches atteintes de brunissures.
Liste établie par Georges Vicaire détaillant les 12 gravures sur acier comprises dans cette édition :
« Portrait de Bossuet, gravé par Pigeot, d'après H. Rigaud ; Moïse, gravé par Cousin, d'après Ph. de Champaigne, dans un encadrement de A. Feart, gravé par E. Ollivier ; la Nativité, gravé d'après Decaisne par Caron (encadrement de Feart, gravé par E. Ollivier) ; Charlemagne, gravé, d'après Meissonier, par Caron (encadrement de Feart, grav. par Ollivier) ; Isaie, gravé, d'après Meissonier, par Cousin (encadrement de A. Peyre, gravé par E. Ollivier) ; l'Assomption, gravée, d'après Murillo, par Cousin ; Jesus-Christ, gravé, d'après Decaisne, par M. Lecomte (encadrement de Chenavard, gravé par Ollivier) ; St Paul, gravé, d'après Meissonier, par Cousin (encadrement de A. Fries, gravé par Le Petit) ; St Augustin, gravé, d'après Murillo, par Joubert (encadrement de Feart, gravé par Ollivier) ; St Basile, gravé, d'après Herrera le vieux, par Cousin (encadrement de Feart, gravé par Ollivier) ; La Grèce, gravée, d'après Tony Johannot, par Revel (encadr. de Feart, gravé par E. Ollivier) ; Rome, gravée, d'après Tony Johannot, par Pelée (encadrement de Feart, gravé par Ollivier). »
Pendant plus d’une décennie, à partir des années 1820, l’attrait des romantiques pour le Moyen Âge se diffusa dans la reliure française avec le décor « à la cathédrale ». Fers et plaques reproduisant les éléments architecturaux caractéristiques du style gothique flamboyant, comme les rosaces ou fenêtres en ogive, se retrouvèrent sur les dos et les plats « des livres d’un temps, dans la reliure de leur temps », comme les qualifia Henri Beraldi. Ce style atteignit son apogée avec Victor Hugo ; le décor « à la cathédrale » rencontra le plus vif succès en habillant Notre-Dame de Paris. Dans ce contexte précis, l’habit fit le moine.
Belle édition du Discours sur l'histoire universelle enveloppé d'une précieuse reliure d'époque « à la cathédrale », où forme et fond se confondent, dans l'esprit des reliures réalisées pour le Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.