
Réunion des trois éditions originales de la trilogie des 13, chacun un des 50 exemplaires sur pur fil, seuls grands papiers (Cf. Claude Menguy), erronément justifiés "alfa" en milieu du dos mais bien imprimés sur pur fil lafuma (il n’a pas été tiré d’alfa). Couverture blanche réservée au grands papiers, la couverture photographique ne recouvrant que le tirage courant.
Rares et beaux exemplaires de chaque volume de la trilogie des 13, en tirage de tête. Cet ensemble de nouvelles annoncent, par leur méthode d'enquête fondée sur l'observation et le facteur humain, les grandes enquêtes à venir du commissaire Maigret.
Illustrés des photographies mises en scène de J. Constantinesco.
Les trois volumes sont présentés sous une boîte en demi-maroquin noir, dos lisse, auteur et titre de l'ensemble estampés au palladium, titres de chaque volume à la chinoise au palladium, plats de motifs géométriques à la colle, contreplats de chagrin anthracite, contreforts en percaline noire, charmante réalisation signée Boichot.
Avant la naissance éditoriale du commissaire Maigret, Simenon avait imaginé, sous le pseudonyme de Georges Sim, plusieurs figures d’enquêteurs, parmi lesquelles l’inspecteur G.7.
Les treize énigmes qui le mettent en scène parurent d’abord dans l’hebdomadaire Détective, du 12 septembre au 19 décembre 1929, sous la forme d’un concours où le lecteur était invité à résoudre l'énigme avant sa publication. Elles furent réunies chez Fayard en 1932 avec Les 13 coupables et Les 13 mystères.
Les 13 coupables mettent en scène le juge d'instruction Froget, personnage sévère et impassible qui confond ses accusés par le seul art de l'interrogatoire, sans jamais quitter son bureau. Simenon imaginait alors, avant de créer Maigret, plusieurs figures d'enquêteurs : Froget en est l'une des plus abouties, annonçant déjà, par sa perspicacité tranquille, la méthode du futur commissaire. Ces treize nouvelles furent écrites à bord de l'Ostrogoth, la péniche sur laquelle Simenon vivait alors, à Stavoren aux Pays-Bas, durant l'hiver 1929-1930, avant leur prépublication dans l'hebdomadaire Détective au premier semestre 1930, sous le pseudonyme de Georges Sim.
Les 13 mystères réunissent quant à eux les enquêtes du détective sédentaire Joseph Leborgne, qui résout les crimes sans quitter sa chambre d'hôtel.
Cet ensemble connut une reconnaissance critique particulière outre-Atlantique : il formait aux yeux du critique américain Alexander Woollcott une véritable bibliothèque idéale du roman à énigme, un jugement qui vaudra plus tard à Les 13 coupables de figurer au canon du Queen's Quorum d'Ellery Queen (1951). Il y figure au 85e rang de ce canon, aux côtés de titres classiques du genre, une reconnaissance qui explique la seule traduction anglaise jamais réalisée de ce triptyque Fayard, précisément à partir de ce volume.
L'illustration photographique de ces volumes est l'oeuvre d'un photographe aujourd'hui presque oublié, J. Constantinesco, d'origine roumaine, dont les mises en scène pour Simenon, telles que documentées par un article de 2018 paru dans les Cahiers du Musée national d'art moderne (à propos de Les 13 mystères en particulier), préfigurent l'usage que l'auteur fera ensuite, de façon plus systématique, de la photographie dans son travail avec André Vigneau. Chaque semaine, une photographie énigmatique était livrée aux lecteurs en même temps que le texte, à charge pour eux de deviner la solution avant sa publication, avec des prix à la clé.
Parfaits exemplaires en tirage de tête de ce rares Simenon à la charnière des premières fictions policières de l’auteur et de ses expérimentations photographiques, introduisant pour la première fois la photographie de presse dans ses romans policiers.