
Édition originale de Mademoiselle Fifi, publiée à Bruxelles chez Henry Kistemaeckers en 1882. Le volume réunit sept nouvelles parues auparavant dans Gil Blas entre décembre 1881 et mars 1882, puis remaniées par Maupassant pour cette première édition en volume. Tirage à 2 000 exemplaires sur papier vergé, complété de 50 exemplaires sur papier du Japon ; le présent exemplaire appartient au tirage courant sur vergé. Portrait de Maupassant à l’eau-forte par Just en frontispice. Exemplaire non rogné.
Reliure en demi-maroquin framboise à coins signée Blanchetière, sa signature figurant en tête de la première garde. Dos lisse orné et mosaïqué d’un casque allemand à pointe, allusion directe au sous-lieutenant prussien surnommé « Mademoiselle Fifi » par ses camarades ; date, éditeur et lieu dorés en queue. Plats de papier marbré, gardes et contreplats assortis, couvertures et dos conservés, tête dorée. Bel exemplaire agréablement établi.
Ex-libris de Maurice Guibert (1856-1922), zincogravure tirée en rouge d’après un dessin réalisé pour lui par son ami Henri de Toulouse-Lautrec en 1894. Photographe amateur et proche compagnon de Lautrec, Guibert appartient au cercle familier de l’artiste ; plusieurs photographies et albums témoignent de leur proximité.
Les sept nouvelles avaient d’abord paru dans Gil Blas au cours de quelques mois particulièrement féconds pour Maupassant : Une Aventure parisienne en décembre 1881, puis Un Réveillon, La Bûche, Mots d’amour, Marroca, Le Lit et enfin Mademoiselle Fifi en mars 1882. Réunis à Bruxelles sous un même titre, ces textes passent ainsi très vite de la presse quotidienne au livre, avec les reprises et corrections que Maupassant apporte lui-même à leur première publication.
La nouvelle qui donne son titre au recueil revient sur l’occupation prussienne de 1870 à travers le portrait d’un jeune officier brutal et vaniteux, surnommé « Mademoiselle Fifi ». Blanchetière a choisi d’en faire presque un emblème du volume : le casque à pointe mosaïqué sur le dos suffit, sans légende, à rappeler le personnage et le cadre militaire du récit.
L’exemplaire continua sa vie dans la bibliothèque de Maurice Guibert, décoré de l’ex-libris dessiné par Toulouse-Lautrec, ajoutant une provenance particulièrement évocatrice de la vie artistique parisienne de la fin du siècle. Passé dans la bibliothèque de Maurice Guibert, le livre rejoint ainsi un milieu parisien qui n’était pas si éloigné de celui que Maupassant observait dans ses nouvelles.