Édition originale, un des 647 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers après 109 réimposés.
Reliure en demi maroquin vert, dos à cinq nerfs, date dorée en queue, plats de papier à motifs décoratifs, gardes et contreplats de papier vert, couvertures et dos insolé et doublé conservés, tête dorée, reliure signée Thomas Boichot.
Très bel envoi autographe signé de Pierre Drieu la Rochelle à un couple de très proches amis : « A Guillaume [et] Marcelle de Tarde ce Feu Follet qui en s'évanouissant emporte ma jeunesse votre amitié m'est précieuse et m'a fait beaucoup de bien \ Drieu. »
Il est très probable que cet envoi ait été rédigé non en 1931, mais au début de la Seconde Guerre, pendant le séjour de Drieu La Rochelle auprès des Tarde en 1940. En juin de cette année, il est accueilli chez le couple à l'Hôtel de la Belle-Etoile en Dordogne. Là, il fait régulièrement de longues balades, où il aperçoit peut-être des feux follets. Comme le rapporte Marc Lambron, Guillaume de Tarde, maire de La Roque-Gageac et son hôte, lui paraît « bien portant, jovial, long parleur, trop disert, ennuyeux par ignorance de la concision ». Sa femme en revanche, Marcelle de Tarde, « qu'il a déjà aimée, qu'il a tenté de conquérir, qui lui a résisté [...] La seule peut-être », comme nous l'apprennent Pierre Andreu et Frédéric Grover, sa compagnie lui est des plus agréables. Une idylle platonique se noue pendant ce séjour :
« Les intimes de Drieu ont surnommé cette femme vertueuse « La Présidente » en souvenir de Mme de Tourvel qui avait résisté si longtemps à Valmont dans Les Liaisons dangereuses. Ils ont écossé ensemble des petits pois sur la terrasse du château et, petit à petit, Drieu se sent repris. »
Drieu La Rochelle, Pierre Andreu et Frédéric Grover, 1989
C’est également pendant cette parenthèse, dans les tous premiers moments de l’occupation allemande, que Drieu La Rochelle achève son roman Rêveuse Bourgeoisie.
Édition originale du chef-d’œuvre de Drieu, enrichi d’un émouvant envoi à Guillaume de Tarde et à sa femme Marcelle, dont il aurait été épris à plusieurs reprises au cours de sa vie.