
Edition originale de l'adaptation théâtrale établie par Albert Camus, un des 65 exemplaires numérotés sur pur fil, tirage de tête.
Reliure à la bradel en demi box bronze, plats de papier à motifs abstraits, dos lisse, couvertures et dos conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Les Esprits plonge ses racines dans la jeunesse théâtrale de Camus : il en établit une première adaptation dès 1940 pour le Théâtre de l’Équipe, la troupe qu’il animait à Alger, et la pièce fut jouée en Algérie en 1946. Il la remanie pour le Festival d’Angers de juin 1953, où il reprend lui-même les mises en scène préparées par Marcel Herrand, mort quelques jours avant la première, en même temps que sa traduction de La Dévotion à la croix de Calderón. Parue en 1579, la comédie de Larivey, librement imitée de l’Aridosia de Lorenzino de Médicis, doit sa postérité à Molière : Camus y voit, dans son avant-propos, « le modèle que prit Molière pour écrire son Avare », avec « le fameux monologue, que Molière modifia à peine ». Ramenant la pièce de cinq à trois actes, il en exalte la veine de commedia dell’arte, retrouvant chez Larivey « d’authentiques figures d’arlequins et de ruffians » simplement débaptisées, dans la droite ligne de Jacques Copeau, son maître en théâtre.
Moins atypique qu'elle ne parait, cette pièce de jeunesse où souffle un vent de joyeuse légèreté, serait, si Camus l'avait reconnue comme telle, une parfaite ouverture à son cycle de l'Absurde !