Edition originale, un des 50 exemplaires sur Hollande après 6 exemplaires sur japon, avec le bulletin de souscription, portant quelques déchirures marginales. Sont joints les trois feuillets manuscrits autographes du poème "Marquis de Sade", 3 pages sur trois feuillets à l'encre noire, Daté autographe "Dec. 1925 Janv. 1926", infimes déchirures et traces de pli, un vers biffé.
Illustré de cinq gravures originales au burin de Stanley William Hayter.
Tel que paru dans son brochage d'origine, couverture légèrement passée, coiffes légèrement gauchies.
Très bel envoi autographe signé de Georges Hugnet sur son recueil de poèmes surréalistes :"à ma grand mère / que j'e n'oublie pas, / à la mémère de mon enfance / qui n'est pas encore passée / avec toute mon affection./ Georges. / Juin 1932". Quelques annotations au crayon figurent sur les poèmes, probablement de la main d'Hugnet.
On joint le manuscrit autographe de "Marquis de Sade", le premier poème du recueil.
Hugnet signe ici avec ce long poème en cinq parties l’un des premiers hommages surréalistes à Sade, composé plus de dix ans avant Les Mains Libres d’Eluard et Man Ray. Le poème daté par Hugnet décembre 1925 et janvier 1926 semble être une superbe réponse poétique à l’article d’Eluard paru ce même mois dans La Révolution surréaliste (n°8, 1er décembre 1926) intitulé « D. A. F. de Sade, écrivain fantastique et révolutionnaire », qui participe à l’élévation du célèbre hérétique, dynamiteur de la morale et de la bienséance, comme figure tutélaire du mouvement. Avec Marcel Duchamp, Hugnet réitèrera son attachement au divin marquis, qui figure dans l’empattement de la première lettre du titre de son mythique recueil à quatre mains, La septième face du dé, publié en 1936 chez Jeanne Bucher.
"[...]
IV. [...]
Les lettres d'amour
ornaient ta solitude
d'insultes
la voute de ton ventre
doucement penchée sur ton sexe
Le vieux geste tombé aux plis des rideaux tertiaires
tu l'as ressuscité
et remplacé
mais le tien ressemblait tant à la douleur
pauvre appel mécanique
[...]
V.
[...]
le compas du désir
s'entrouvrait dans les linges
reflets engourdis,
le roulement du tambour
sous cloche
agrippait l'acrobate du vide
mais tu sais que certains sexes
sont des blessures accidentelles
et qu'on n'en meurt pas"