Parler (Poèmes - 2ème série)
Agréable et rare exemplaire.
Envoi autographe signé de Pierre Jean Jouve à René Georgin.

« Derrière les décors
De l'existence immense, au plus noir de l'abîme,
Je vois distinctement des mondes singuliers,
Et, de ma clairvoyance extatique victime,
Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
J'aime si tendrement le désert et la mer ;
Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
Et trouve un goût suave au vin le plus amer (…)
Mais la Voix me console et dit : " Garde tes songes :
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous ! " »
(Baudelaire, La Voix, in Nouvelles Fleurs du mal)
Ceux pour qui l’art et la littérature n’ont pas pour vocation de promouvoir une sage « pensée positive », se reconnaitront sans doute dans cette floraison baudelairienne qui illustre notre sélection de sombres chefs d’œuvre.
Première édition illustrée de 3 vignettes de titre et 3 figures d'Eisen au tome I (ainsi que de 3 pages de musique gravée) ainsi que 3 culs-de-lampe et 1 figure de Marillier, 2 de Barbier et 3 vignettes de titre de Marillier au tome II, ainsi que 3 culs-de-lampe. L'ensemble gravé par Fessard, Longueil, Née, Delaunay et Halbou. Très belle illustration, très fine.
Reliures en plein veau écailles d'époque. Dos à nerfs ornés. Pièces de titre en maroquin rouge, et de tomaisons en maroquin vert. Triple filet d'encadrement sur les plats. Tranches dorées. Un petit manque au mors supérieur en tête du tome I. Traces de frottements. Pâles rousseurs éparses. Un manque en marge de la p. 479. Le rel
Édition originale.
Reliure en demi cuir rouge de Russie à coins, dos à quatre nerfs orné de filets et de doubles caissons dorés, date en queue dans un cartouche, contreplats et gardes de papier à la cuve, rares couvertures et dos conservés, tête dorée sur témoins, reliure signée de Bernasconi.
Le feuillet de nomenclature des œuvres de Victor Hugo est bien présent. Quelques traces de pliure sur certains feuillets.
Un précieux poème autographe de Victor Hugo intitulé « La pauvre fleur disait au papillon céleste », sur deux feuillets repliés, a été monté sur onglet en regard de la version définitive adoptée par l'auteur et imprimée page 223 du recueil. Il s'agit d'u