L'élève d'Aristote
Bel exemplaire malgré une légère pliure en tête du premier plat.
Féroce lettre autographe signée adressée à Jacques Chardonne qui n'est pas nommément cité, 30 lignes à l'encre noire à en-tête de la revue Le Nouveau Femina, à propos de la vie culturelle et de l'actualité politique.
Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli, une tache d'encre noire sans atteinte au texte, deux trous avec, pour le premier, perte d'une lettre : le deuxième "e" de Hecquet ; et pour le second, perte du mot "il".
"Les dernières lettres sont épatantes. Et courtes, comme il fallait pour ne pas trop s'éloigner du drame. Les oeuvres complètes de Léon Blum vont paraître chez Albin Michel. On va voir. Anatole de Monzie, homme d'une très belle intelligence n'a rien écrit de fameux. Aujourd'hui, le moins ignare s'appelle Ramadier (Paul Ramadier, plusieurs fois ministre après la Libération) Il n'a pas été réélu. C'est un franc-maçon acharné. Mendès-France est un marchand de cravates me dit Stephen Hecqu[e]t. [Il] faut supprimer son nom de ma dernière lettre (celle qui est si longue, où je parle des hommes politiques susceptibles d'écrire). A bientôt. Roger Nimier."
Edition originale sur papier courant.
Un petit manque et une tache en marge inférieure gauche du second plat, traces de pliures en marge droite du premier plat.
Préface de Jacques Laurent.
Envoi autographe signé d'Antoine Blondin : "Pour Philippe Patrice Cazenave leur ami Antoine Blondin".
Edition originale, un des 12 exemplaires numérotés sur vergé de montval, tirage de tête.
Quelques piqûres sur le premier plat et les gardes, un petit accroc en angle inférieur droit du second plat.
Lettre autographe datée et signée de Jacques Chardonne adressée à son ami Roger Nimier (54 lignes à l'encre bleue) à propos du style de Paul Morand, père spirituel des Hussards, Roger Nimier et Antoine Blondin étant considérés, bien malgré eux, comme chefs de file de ce mouvement littéraire.
Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli de la lettre, enveloppe jointe.
Jacques Chardonne entend battre en brèche deux fausses idées concernant Paul Morand, la première étant d'ordre stylistique : "Il y a une double méprise touchant Morand. On a vu en lui un "moderne"... mais il est essentiellement un "naturaliste" ; sa doctrine en art est exactement celle de Maupassant et Flaubert." tenant ce dernier pour un écrivain majeur : "Mais il a infiniment plus de talent et d'intelligence que les écrivains de l'école naturaliste." ; la seconde d'ordre psychologique : "Il est l'hygiène et la sagesse incarnées, dans sa personne. Mais il a encanaillé par son oeuvre la jeunesse qui venait après lui. C'est lui qui a failli tuer Sagan."
Jacques Chardonne ironise ensuite sur les talents de Françoise Sagan tout en exaltant la prédominance et la maîtrise de son ami Paul Morand en tout ce qu'il entreprend de faire : "C'est Morand qui achetait les terribles voitures de Sagan. Mais lui sait conduire." tout en se rappelant les conseils de prudence que prodigua Bernard Frank à l'auteur de Bonjour tristesse : "Bernard Frank dit : elle ne tient pas la route, ta bagniole... Sagan, vexée, accelère. Et tout chavire."
En grand frère de plume, Jacques Chardonne rassure Roger Nimier sur son propre talent : "Morand est très content de vous. Je dis que Gaston (Gallimard) semble avoir beaucoup d'amitié pour vous." et félicite son correspondant pour la qualité d'Artaban, revue à laquelle collabore Roger Nimier, Jacques Chardonne étant mis à l'honneur dans un récent numéro : "... surpris de me voir en première page; le texte me remplit de fierté. J'ai méprisé les honneurs, afin d'être honoré. Je ne pouvais être mieux servi que dans ce petit texte." et attribue la paternité du texte le concernant à l'un de ses émules Hussards : "... je me dis : c'est Nimier, ou Hecquet, ou Milliau. A vrai dire, je ne sais. Et je remercie le Seigneur."
Terrassé par tant d'hommages qui lui sont rendus, Jacques Chardonne, lucide, préfère éviter de trop être sous les feux de la rampe : "Voilà pourquoi je ne veux plus rien publier. Dès que l'on vous applaudit, il faut s'en aller."
Très belle lettre de Jacques Chardonne encensant son ami Paul Morand, père spirituel des Hussards, et évoquant le terrible accident de voiture de Françoise Sagan à bord d'une Aston Martin le 13 Avril 1957. Evocation prémonitoire : Roger Nimier se tuant cinq ans plus tard sur l'autoroute de l'Ouest, le 28 Septembre 1962, également au volant d'une Aston Martin.
Etonnante lettre autographe signée d'Antoine Blondin, adressée à Roger Nimier à son bureau parisien de la N.R.F. , dans laquelle il narre, peut-être pas tout à fait à jeun, ses avanies à vivre "maritalement avec un séminariste du nom de Prébende Alexis".
29 lignes sur un feuillet remplié.
Enveloppe jointe.
Publiée dans À mes prochains: lettres, 1943-1984, éd. Alain Cresciucci, 2009, p. 110.
Sur un ton humoristique et très décalé, Antoine Blondin dresse à son "cher ami" une liste d'édifiants évènements liés à son existence mayennaise et qu'il énumère, car "je crois que le moment est venu de t'instruire de certaines choses qui me sont arrivées."
Il en vient à décrire le spartiate lieu d'habitation qu'il partage en colocation, certainement dans les effluves d'alcool, mais aussi pour se soustraire aux lénifiantes et pompeuses mondanités lavalloises auxquelles sa notoriété de plume le soumet, : "Nous habitons non loin du viaduc(que), une baraque en bois... de 7 mètres de long sur 3 mètres 25 de large. Elle doit dater de la première occupation américaine, celle de Pershing et Dos Passos." et les doutes qu'il nourrit à l'égard de son compagnon de cabane : "Je soupçonne Alexis, je l'appelle Alex, de ne pas être entièrement défroqué, car il s'absente aux heures de la messe en me laissant - naturellement - toute la vaisselle et tous les petits travaux. Dois-je m'en ouvrir à lui ?"
Mais il tient tout de même à rassurer son ami qu'il poursuit un semblant de vie sociale même s'il concède, faussement ingénument, qu'il ne se sent plus trop en odeur de sainteté à Laval : "Je n'ai pas rompu pour autant mes attaches avec le Grand Hôtel mais je n'y passe que pour prendre mon courrier qu'on ne me donne qu'au compte-gouttes, car je suis devenu un sujet d'opprobre pour la cité - je me demande pourquoi." et qu'il honore malgré tout les invitations officielles : "Le préfet de la Mayenne, m'a traité hier avec quelques écrevisses et des perdreaux assortis de confitures d'airelles (!!), c'est un épicurien, comme toi et moi, célibataire et lettré. Je me permets de le citer."
Cette agréable hospitalité préfectorale lui ouvre des perspectives qu'il livre à Roger Nimier, son ami de beuveries et de festins mémorables : "Il y a 93 ou 97 départements - en tout cas, moins de cent. Nous devrions vivre des préfectures. Ce sont de bons endroits. Il y règne un climat de famille que nous avions présavouré, si j'ose dire, à Lille. Morpion de préfecture, sans être une condition très honorable, est une situation d'attente."
Pour finir, Antoine Blondin s'autorise cette demie interrogation empreinte de certitude : "Alexis m'embarrasse ?"
Belle manifestation de l'esprit anarchiste et loufoque qui dirigeait les pas, pas souvent assurés mais toujours imbibés, d'Antoine Blondin, et de la fraternelle et tonitruante amitié qui l'unissait à Roger Nimier.
A propos de la profonde amitié que Blondin témoignait à Roger Nimier et du mythe des Hussards, l'auteur déclara à Emmanuel Legeard qui l'interrogeait : « Ce sont les "hussards" qui sont une invention. Une invention "sartrienne". En réalité, l'histoire, c'est mon ami Frémanger, qui s'était lancé dans l'édition, qui avait un seul auteur, c'était Jacques Laurent, et un seul employé, c'était moi. Laurent écrivait, et moi je ficelais les paquets de livres. Donc on se connaissait, on était amis, et d'autre part... d'autre part, Roger Nimier était mon meilleur ami. Nimier, je le voyais tous les jours. Je l'ai vu tous les jours pendant treize ans. Mais Laurent et Nimier ne se fréquentaient pas du tout. Ils avaient des conceptions très différentes. On n'a été réunis qu'une seule fois. On s'est retrouvés rue Marbeuf, au Quirinal, pour déjeuner. On a discuté de vins italiens et de la cuisson des nouilles. Pendant deux heures."
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un des exemplaires du service de presse.
Papier jauni comme généralement, une petite déchirure en pied du dos.
Rare exemplaire du premier roman de Roger Nimier dans lequel l'insolence, la tendresse, la provocation politique feront basculer le personnage principal de la Résistance à la Milice.
Bel envoi autographe signé de Roger Nimier à Charles Orengo, journaliste puis créateur des Editions du Rocher en 1943 : "Pour monsieur Charles Orengo - maintenant que Laudenbach lui montre mes lettres, j'ose lui envoyer ce roman.
Il commence mal, mais rassurez-vous : il finit bien. Roger Nimier avec l'apparence de son respect pour son nouvel éditeur."
Lettre autographe datée et signée de quatre pages de Michel Mohrt adressée à Thierry Maulnier, 69 lignes à l'encre bleue, évoquant notamment sa candidature à l'Académie française en remplacement du fauteuil vacant de Marcel Brion.
Pliures centrales inhérentes à la mise sous pli. Présence d'un trombone permettant de maintenir ensemble les deux feuillets de la missive.