
Première édition in-12 de Jacques le Fataliste et son maître, toute première accompagnée de trois frontispices gravés. Le texte est précédé d'un hommage à Diderot par Jacques-Henri Meister, ami proche de l’auteur et successeur de Grimm à la direction de la Correspondance littéraire.
Reliures d'époque en basane marbrée, encadrements dorés sur les plats, dos lisses ornés de caissons et fleurons, pièces de titre et de tomaison brunes, roulette dorée sur les coupes, contreplats de papier à la colle bleu, tranches dorées. Epidermures au niveau des mors et des coins, quelques rares salissures aux feuillets, sinon exemplaire agréable.
Conçu à partir de 1765, repris et augmenté pendant près de vingt ans, ce récit de voyage philosophique paraît d’abord en feuilleton dans la Correspondance littéraire entre 1778 et 1780, avant de recevoir de nouveaux ajouts en 1780 puis en 1786. Sa véritable édition originale n'est publiée qu'en 1796 chez Buisson, et reçoit, comme la présente édition, une introduction rédigée par Jacques-Henri Meister. Cet hommage posthume à Diderot rédigé par un ami qui connaissait bien la genèse de l'oeuvre, provient également de la Correspondance littéraire, où il parût la première fois dix ans auparavant.
Cette édition qui suivit de près l'originale, la première in-12 selon Cioranescu, se démarque par la présence de trois frontispices accompagnés de citations, illustrant des épisodes du roman : Jacques se jettant dans les bras du bourreau, "Vous ne savez pas qui je suis !", la servante soignant la petite chienne qui provoqua la dispute entre Jacques et l'hôtesse, "Il y a un sort pour les bêtes comme pour les gens" et Denise soignant la blessure de Jacques au genou, "Jacques la regardait faire et s’enivrait d’amour".
Avant même de paraître en français, le roman avait commencé une autre vie en Allemagne, où il circulait depuis quelques années entre manuscrits, périodiques et traductions. Le succès le plus marquant fut remporté par l'épisode de Mme de La Pommeraye : celui-ci fut traduit par Schiller pour sa revue Thalia ; Doray de Longrais le retraduisit ensuite en français sous le titre Exemple singulier de la vengeance d’une femme. En 1792, Mylius donna la première traduction allemande intégrale, tandis qu’un autre manuscrit du roman, possédé par le prince Henri de Prusse, fut communiqué à l’Institut national.
Sa liberté formelle doit beaucoup à Tristram Shandy de Sterne : interruptions, digressions, récit sans cesse relancé ou suspendu, dialogue permanent avec le lecteur.
Première édition au format in-12 du célèbre conte philosophique, la toute première accompagnée de frontispices gravés.