
Edition revue et augmentée, illustrée d'un frontispice, d'une composition allégorique sur la page de titre et de quatre gravures en pleine page de Bernard Picard. Une figure allégorique dans le texte, quelques bandeaux et culs-de-lampe.
Reliure en basane mouchetée brune de l'époque, dos à cinq nerfs orné de motifs dorés, pièce de titre en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, contreplats de papier marbré, tranches rouges. Coins et coiffe supérieure émoussés, quelques épidermures et manques au niveau des mors, infimes salissures aux feuillets. Ex-libris manuscrit "Messieurs Falconet et Lancelot" et date à l'encre "8bre [octobre] 1785" sur la page de titre. Note à l'encre sur une page de garde en face du faux-titre.
Cet ouvrage, attribué à Bonaventure Des Périers et publié sous le pseudonyme de Thomas Du Clévier au XVIe siècle, est l'un des textes de la Renaissance les plus commentés et les plus mystérieux. Constitué d'une lettre et de quatre dialogues satiriques rappelant l'œuvre de Lucien de Samosate, l'ouvrage met en scène humains, dieux et animaux. Bien que les chercheurs rapprochent Bonaventure Des Périers du milieu protestant de la cour de Marguerite de Navarre, son Cymbalum mundi semble railler les protestants autant que les catholiques. Publié en 1537 à Paris par Jean Morin, l'ouvrage fut rapidement censuré à la demande de François Ier. La faculté de théologie de la Sorbonne jugea quant à elle, en juillet 1538, que l'ouvrage ne contenait pas d'erreur expresse en matière de foi, tout en recommandant sa suppression. L'ouvrage fut néanmoins réimprimé dès 1538 à Lyon par Benoist Bonyn. Resté pendant longtemps à l'ombre d'autres ouvrages remarquables de la Renaissance, Cymbalum mundi connut une nouvelle vie au XIXe siècle, attirant l'attention de Charles Nodier, qui rapprocha Bonaventure Des Périers de François Rabelais et de Clément Marot.
Entre le XVIe et le XIXe siècle, l'ouvrage connut deux nouvelles réimpressions réalisées par le même éditeur, Prosper Marchand. Faussement localisées à Amsterdam, elles datent de 1711 et de 1732.
Dans la préface de notre édition de 1732, Prosper Marchand offre des renseignements précieux sur l'œuvre, résume les péripéties éditoriales et témoigne de la difficulté de se procurer un exemplaire de l'œuvre originale censurée. Il déplore les inexactitudes qui ont marqué sa première édition de 1711, établie d'après la copie manuscrite du texte de l'impression lyonnaise de 1538, alors seule accessible. Il insiste sur la supériorité de sa nouvelle édition, fondée cette fois sur l'édition originale parisienne de 1537, corrigée et enrichie d'un commentaire analytique du texte.
Agréable exemplaire d'une œuvre curieuse de la Renaissance, mise en valeur dans cette édition du siècle des Lumières.